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Une révolution en douceur dans le transport en commun interurbain

lundi 17 février 2014 par Bill

La situation du transport en commun entre Port-au-Prince et certains centres urbains se transforme doucement dans le pays. Aujourd’hui, aller à Port-de-Paix, au Cap-Haïtien, aux Cayes ou à Ouanaminthe par voie terrestre n’est plus un voyage d’enfer, grâce à quelques compagnies de transport. Bon nombre de passagers les préfèrent aux lignes aériennes et au transport terrestre traditionnel qui, jusque-là, connectaient Port-au-Prince au reste du pays. Cette transformation est l’œuvre du secteur privé …

Si récemment le transport en commun, par voie terrestre, de Port-au-Prince à certaines grandes villes de province était comme un calvaire pour les passagers, aujourd’hui, grâce à des investisseurs haïtiens, aller en province n’est plus ce voyage d’enfer, dans lequel les gens et les marchandises sont entassés comme des sardines dans une cannette. En effet, quatre compagnies de transport permettent de voyager en différents endroits du pays dans un certain confort, les colis sont en sécurité. Sans Souci, Le Transporteur, Transport chic et Patrick coach line jettent les premières pierres de la transformation du transport en commun interurbain dans le pays.

Des entreprises qui viennent de changer les conditions de voyage d’une grande catégorie de gens ayant désormais le privilège de mieux respirer, d’écouter de la bonne musique ou de visionner des vidéoclips ou même des films en voyageant. « Les passagers à petites bourses, qui ne peuvent pas s’offrir un billet d’avion, voyagent désormais dans de meilleures conditions », a indiqué un homme d’affaires qui va souvent dans des villes de province, soulignant que ces nouvelles entreprises ont changé beaucoup des chose dans ce secteur.

« Plus de vagues de poussière, plus d’empilement, plus de saletés, plus de verbiage irrévérencieux et aussi moins de risque d’accident », s’est-il réjoui. Il explique que ces nouveaux véhicules ne s’élancent pas comme les traditionnels autobus dans une guerre de vitesse pour se faire une réputation de celui qui arrive toujours en premier. Car, au niveau du transport traditionnel, celui qui arrive le premier, attire le plus de clients.

En effet, les nouveaux transporteurs offrent un cadre plus attrayant et plus commode que les traditionnels. « Je peux maintenant aller aux Cayes, par le transport en commun, participer directement dans à rencontre sans risque d’être sali, ni chiffonné », a-t-il fait savoir, comme pour prouver le changement qui est en train de se produire dans le secteur du transport en commun interurbain par voie terrestre.

Une alternative à la cherté de la voie aérienne

Les compagnies de transport en commun nouvellement établies dans le pays offrent un service dépassant de mille coudées les autobus traditionnels qui ne sont même pas, pour la majorité, réglementés par des associations syndicales. Ces transporteurs sont du même coup une alternative à la voie aérienne, devenue de plus en plus chère. Voyager dans les petits avions qui assurent le transport interurbain exige des débours considérables, loin d’être à la portée des petites bourses. Il faut, par exemple, plus de 100 dollars américains pour se rendre, en avion, à Port-de-Paix ou au Cap-Haïtien.

Face au coût relativement élevé du billet des lignes aériennes, ces compagnies représentent donc une sérieuse alternative pour plus d’un. Les lignes aériennes peuvent se plaindre de perdre une partie de leur clientèle au bénéfice de ces nouvelles compagnies de transport terrestre qui se taillent déjà une part importante du marché. « Auparavant, je voyageais en avion parce que je ne voulais pas me perdre dans le tohubohu qu’offrent les autobus traditionnels », a expliqué un passager de Patrick coach line, qui revient des États-Unis. « C’est beaucoup moins cher que le billet d’avion et c’est de loin plus confortable que les autobus traditionnels », a-t-il expliqué.

Les propriétaires des quatre compagnies de transport entament donc une petite révolution dans le secteur du transport en commun dans le pays. « C’est une preuve que le changement du pays vient forcément par les initiatives du secteur privé », a indiqué un professeur qui se rendait à Port-de-Paix afin de dispenser des cours dans une université de la ville. Le professeur conseille que ces nouvelles entreprises doivent chaque jour tenir compte des services qu’elles offrent pour rester comme une alternative et garder leur part de marché.

Un bon début de changement qui mérite d’être encouragé et accompagné dans le transport en commun si mal organisé dans le pays. Ces quatre companies, rappelons-le, ne couvrent que quelques grandes villes de province. C’est un marché toujours ouvert.
Carlin Michel
cmichel@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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