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Rencontres Québécoises à la Faculté d’Ethnologie

samedi 27 avril 2013 par Bill

Dans le cadre des Rencontres Québécoises, le Département Anthropologie-Sociologie de la Faculté d’Ethnologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH), accueille le jeudi 2 mai 2013, à 8h00 AM, l’écrivaine (Mémoire d’encrier) et anthropologue Yara El-Ghadban (Université de Montréal : ).

D’origine palestinienne, Yara El-Ghadban est anthropologue et auteure. Interpellée par le travail de la culture face à la violence, ses recherches l’ont menée en Palestine, au Liban et en Afrique du Sud. En 2011, elle publie son premier roman “L’ombre de l’olivier” chez Mémoire d’encrier.

Edward Saïd et la traversée de la postcolonie

Relire l’anthropologie comme écrivain

Conférence de Yara El-Ghadban, de l’Université de Montréal

Un écrivain à qui l’on demande si son œuvre est autobiographique tend à répondre ainsi : il y a une part de fiction dans chaque vérité et une vérité au cœur de la fiction. Faut-il alors s’étonner que la critique postcoloniale qui a ébranlé l’anthropologie en tant que discipline et remis en question ses canons, particulièrement ses sujets « traditionnels » de recherche (i.e. l’Autre non-occidental), ses terrains d’investigation ethnographique et ses paradigmes théoriques ait émergé du champ littéraire ? Les multiples manières dont l’héritage colonial a été occulté dans les œuvres littéraires des pays colonisateurs et la violence qui se profile derrière la production du savoir sur l’Autre ; voilà autant de brèches que des penseurs comme Edward Saïd et bien d’autres ont ouvert au sein des sciences sociales et humaines. Saïd a amorcé cette relecture tantôt en déconstruisant, tantôt en s’inspirant de la musique et de la fiction – une posture qu’il a appelée « talking back » (Saïd 1973). C’est vers ce même champ de la pensée littéraire que les anthropologues se sont donc tournés pour renouveler leurs théories et pratiques dans l’espoir de s’affranchir du passé colonial de leur discipline.

Or, l’un des effets pervers de l’interdisciplinarité et de l’éclatement du paradigme ethnographique est de nous transformer, anthropologues et autres spécialistes des sciences humaines et sociales, en des charognards de théories, arrachant aux concepts développés par les autres les seuls aspects qui nous intéressent et participant involontairement au démembrement de tout un paradigme. Pour certains, le virage littéraire n’a fait que pousser à l’extrême le basculement de l’anthropologie dans le domaine de la fiction et de miner sa crédibilité du point de vue de la production du savoir scientifique. Ainsi faut-il poser la question : Que reste-t-il aujourd’hui de la pensée d’Edward Saïd ?

A propos de la conférencière : http://umontreal.academia.edu/YaraE...


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