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Quelle est l’opportunité de PetroCaribe ?

mercredi 18 avril 2012 par Bill

Haïti : L’accord PetroCaribe a toujours été l’objet de vives discussions. Les uns se frottent les doigts sur l’opportunité qu’il offre au pays, alors que d’autres se demandent si le mode de gestion n’est pas une menace pour Haïti.

« De son entrée en vigueur le l5 mai 2006 au 31 mars 2012, près de 19 millions de barils de produits pétroliers, évalués à 1 913 312 756, 21 dollars américains ont été importés », selon un document de travail non officiel de l’Initiative de la société civile (ISC) qui analyse la situation. Lors d’un débat qui s’est tenu ce mardi à l’hôtel Montana, des spécialistes dans le domaine ont fait le tour de la question.

La dette à long terme cumulée au 31 mars 2012 devant être payée sur une période de 25 ans se chiffrait à 1 015 363 267,56 dollars américains. Mais suite au séisme du 12 janvier 2010, la République bolivarienne du Venezuela a annulé officiellement 395 millions de la dette haïtienne. La dette effective d’Haïti est de 620 363 267,56 de dollars au 31 mars 2012.

Au 30 janvier 2012, 31 projets sont en cours d’exécution, totalisant 379 millions de dollars américains, 55% de cette somme concerne les infrastructures et le reste partagé entre le développement résidentiel (11,6%) démolition et enlèvements de décombres (7%). A cette même date, de ces 379 millions prévus, 279 millions de dollars ont été décaissés, soit un taux d’absorption de 73,6%. Seulement dans l’infrastructure, 152,9 millions de dollars sont déjà dépensés sur une prévision de 208 millions de dollars.

« Nous avions constaté que plus de 50% des fonds de PetroCaribe ont été particulièrement investis dans des infrastructures routières. Des dispositions ont-elles été prises pour protéger ces investissements ? Y-a-t-il des programmes d’entretien régulier de ces infrastructures pour éviter la détérioration accélérée... », s’est longuement interrogé le directeur exécutif de l’ISC, Rosny Desroches qui, au nom de son organisme, a invité les présidents de la commission Finances des deux Chambres (Jocelerme Privert et Rodon A. Bien-Aimé) à venir débattre de la question du budget et des fonds PetroCaribe.

Les spécialistes de l’Initiative de la société civile (ISC) constatent qu’il n’y a pas d’augmentation de la production locale ou régionale. « Avec quoi allons-nous rembourser la dette générée par PetroCaribe ? », se sont-ils demandés. Si ces routes et ces ponts ne créent pas de valeur ajoutée, ils ne conduisent pas à la croissance. Cette dette pourrait même constituer une vraie menace pour Haïti.

L’ISC, dans un document préparé par l’économiste Thébaud Michel, propose à l’Etat haïtien d’utiliser une partie des fonds de PetroCaribe pour financer des logements à un taux d’intérêt de 4% ou 5% pour une période de 15 à 20 ans pour ceux qui ont un revenu faible. Suivant cette proposition, cette nouvelle orientation des Fonds peut aider le pays à résoudre deux problèmes : celui des constructions anarchiques et celui des titres de propriété. Bien d’autres suggestions ont été faites par l’ISC dans le cadre de la gestion des fonds générés par PetroCaribe, entre autres, le financement à accorder à de jeunes entrepreneurs universitaires.

Dieudonné Joachim

djoachim@lenouvelliste.com

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