Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Promouvoir l’esprit d’entrepreneuriat chez les jeunes

lundi 27 janvier 2014 par Bill

La première journée du Salon des Entrepreneurs a été, comme annoncé, dédiée à la jeunesse. Les vingt-cinq salles disponibles pour l’évènement étaient toutes bondées de jeunes. Venus de toutes parts de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, ils étaient des centaines présents à cet évènement à l’Université Quisqueya à Turgeau, ce vendredi. L’objectif était de parler d’affaires. Des entrepreneurs très connus dans les rouages de l’entrepreneuriat en Haïti et plusieurs grands dignitaires de l’État étaient présents afin d’encourager les jeunes à se lancer dans les affaires.

Dans un concours organisé par les organisateurs de la deuxième édition du Salon des Entrepreneurs, une vingtaine de jeunes ont affronté leurs projets d’affaires. Dans une bonne ambiance, les entrepreneurs en herbe, selon la méthodologie d’ELEVATOR PITCH, ont présenté, en trois minutes, leurs projets de création d’entreprises. L’agriculture, l’élevage, la transformation et les services sont autant de paramètres pris en compte par les participants. Des jeunes venant de partout ont participé à ce concours. A la fin de cette activité, les trois meilleurs projets seront récompensés. Une activité qui, selon les organisateurs, reflète en quelque sorte l’initiative des organisateurs qui est de faire du pays une république d’entrepreneurs.

Les participants ont mis l’accent sur des secteurs porteurs qui sont, selon eux, très peu exploités jusqu’ici en Haïti. Au cours de leur courte présentation, tout a été pris en compte. Ils ont, dans une certaine mesure, malgré leur jeunesse, bien maîtrisé leurs sujets. L’objectif de la majorité des jeunes participants, affirment-ils, est de réduire le déficit commercial et la dépendance alimentaire du pays vis-à-vis de ces proches voisins. Les projets sont les uns plus intéressants que les autres, mais ont tous attiré l’attention du grand public. Des applaudissements à chaque présentation. Les membres du jury n’ont pas manqué de prodiguer des conseils à l’endroit de ces aspirants entrepreneurs.

Il ne revient pas à tout le monde d’être entrepreneur. Antoinius Gabriel, qui a présenté un projet intitulé Montain Harvest qui s’occupe de l’élevage de cabris, le comprend bien. Il est d’ailleurs le lauréat de sa catégorie pour la phase préliminaire. Son objectif principal est de, dans quelques années, concurrencer les éleveurs de cabris de la zone. Car, dit-il, cet élevage est très rentable en Haïti depuis la disparition des « Kochon Kreyòl ». Aussi compte-t-il exporter ces derniers vers la République dominicaine qui est le deuxième importateur le plus importants des États-Unis en cette matière et vers le Venezuela, un autre importateur important.

Il est très difficile, en Haïti, d’être un jeune entrepreneur. Dans une très large proportion, quand on parle de jeunes dans le pays, c’est pour évoquer un problème. Cette catégorie est souvent indexée dans des actes répréhensibles. Bon nombre d’entre eux n’ont pas eu la possibilité de recevoir une formation adéquate et d’accompagnement nécessaire leur permettant de prendre en main leur avenir et d’aider leur pays. De ceux-là qui ont eu cette opportunité, une quantité non négligeable concentre de préférence leur énergie dans des activités futiles. Ils ne s’efforcent pas d’être vraiment des acteurs du changement.

Cependant, l’engouement dont font montre les jeunes présents à la deuxième édition du Salon des Entrepreneurs est un signe positif pour la jeunesse haïtienne. En plus des concurrents, des élèves de Catts Pressoir ont tenu des conférences-débats autour des thématiques assez intéressantes. Tenant compte de cela, de l’avis du président de CEDEL Haïti, Rock Andrécette activité démontre tout le contraire de l’image que l’on projette de la jeunesse du pays. « Il y a de quoi espérer », a-t-il fait savoir. L’un des objectifs de cette journée dédiée aux jeunes, dit-il, est de montrer que cette classe ne constitue pas un problème, comme on le clame partout. Au contraire, elle peut être la solution aux différents problèmes auxquels le pays se trouve confronté depuis fort longtemps.

Si les opportunités, comme le précisent les organisateurs de la deuxième édition du Salon des Entrepreneurs, ne manquent pas, les moyens pour y parvenir font vraiment défaut à cette catégorie. Les tenants promettent, à cet effet, d’accompagner les porteurs de projets afin qu’ils puissent contracter des accords avec des investisseurs de la place. Car, reconnaissent-ils, la jeunesse est la richesse et l’avenir du pays. Et, pour que cela soit effectif, il faut que cette catégorie, avec l’aide des autorités étatiques, prenne sa vie en main. Et prendre sa vie en main, selon Guy Etienne, directeur du Collège Catts Pressoir, signifie entreprendre pour s’en sortir par soi-même du marasme économique dans lequel se trouve le pays.

Jose Flecher
jflecher@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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