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Près de 8 milliards de gourdes de pertes sur les importations

mercredi 18 avril 2012 par Bill

L’Etat haïtien ne peut plus financer une partie de la facture pétrolière en renonçant à ses taxes et en versant de l’argent aux compagnies pétrolières. C’est le ministre de l’Economie et des Finances qui en a fait l’annonce mardi.

Haïti : Du 10 mars 2010 au 10 mars 2012, le gouvernement haïtien a enregistré des pertes de l’ordre de 7 803 449 087 gourdes sur les importations des produits pétroliers. Seulement pour le premier trimestre de l’exercice 2011-2012, les pertes sont évaluées à 2 286 077 160 gourdes, selon les informations divulguées par le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) dans un avis rendu public récemment.

Ces pertes sont dues en grande partie à l’application de la décision du gouvernement haïtien de ne pas répercuter les prix des produits pétroliers sur les consommateurs adoptée au mois de mars 2010. Cette mesure visait à amortir le coût de la vie au profit de la population haïtienne, particulièrement les familles vulnérables suite au passage du tremblement de terre qui a terrassé l’économie du pays.

Pour la même période, rappelle la note du MEF, le financement à partir de fonds du Trésor public relatif à la commercialisation des produits gasoil et kérosène a atteint 1 198 023 097 gourdes, dont 166 689 903 gourdes pour les six premiers mois de l’exercice.
Le manque à gagner (perte effective de recettes sur les produits pétroliers) comptabilisé sur la même période est de l’ordre de 6 605 425 989 gourdes, dont 2 119 387 256 gourdes seulement pour le premier semestre.

« A un moment où le risque de flambée des prix du baril de brut demeure encore élevé sur le marché international, l’adoption de mesures qui viendront corriger cet état de fait est souhaitée dans la mesure où le maintien du statu quo pourrait nuire aux objectifs de recettes fixés dans le cadre du projet de budget 2011-2012 », s’inquiètent les responsables du MEF.

A ce sujet, le titulaire du MEF, Lemercier Georges, interrogé mardi en marge du colloque sur l’inclusion financière organisé par le Group Croissance, a poussé un cri d’alarme pour dire que le gouvernement ne peut plus continuer à subventionner les produits pétroliers. Car, pour continuer sur cette lancée, nous devons payer les compagnies.

Selon le ministre des Finances, on ne peut même pas parler de subvention, c’est du financement pur et simple. D’ailleurs, c’est une mauvaise pratique de maintenir cette tendance (la subvention). Lemercier Georges croit que le mieux serait de motiver la population à adopter d’autres comportements et à développer des attitudes plus responsables en vue de pallier ce problème et faire face à la flambée des prix du carburant.

Cyprien L. Gary

Voir en ligne : www.lenouvelliste.com

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