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Pour la réouverture du centre de triage de fatras de Carrefour-Feuilles

jeudi 20 février 2014 par Bill

Plusieurs centaines d’anciens employés étaient massés au centre de triage de fatras de Carrefour-Feuilles ce mercredi 19 février dans la localité de Savane Pistache. L’objectif est d’exiger la réouverture immédiate de l’usine inopérante depuis près de 26 mois. Grâce à ce centre de triage, 420 membres de la population de la zone ont eu un revenu. Appuyés par des organisations de la société civile de la zone, ces anciens employés pressent les autorités étatiques de respecter leur engagement à l’endroit de cette population

Ils n’avaient pas de pancartes en main. Cependant, leurs cris éveillaient toute la zone. De plus, ils bénéficiaient du support du CASEC de la zone, Pierre Estève Eugène. Les manifestants ont scandé des propos acerbes à l’endroit du gouvernement qui, déplorent-ils, n’a rien fait en vue de la réouverture de ce centre. Cofinancé par la coopération Sud-Sud à travers le fonds IBSA, provenant des gouvernements de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud, et de fonds propres du Programme des Nations unies pour le développement, à hauteur de $3 655 784, ce centre représentait la seule source de revenu pour ces centaines de familles.

Les revendications étaient claires : la réouverture immédiate de l’usine. Dans le cas contraire, affirment les manifestants, ils procèderont eux-mêmes à sa remise en service. « Ç’en est trop ! » s’exclame Josué Sénatus, coordonnateur du Groupe d’appui aux gens défavorisés à Carrefour-Feuilles. A les entendre, on conclurait que la fermeture de ce projet est la pire chose qui pouvait arriver à ces pères et mères de famille.

Cette activité est la troisième du même genre entreprise par ce groupe. Face au mépris des autorités compétentes, le mouvement commence à prendre de l’ampleur. Plusieurs organisations de la société civile de la zone ont sympathisé avec ces gens. Se sentant abandonnés, les revendicateurs rappellent au président ce qu’il leur a promis avant son élection au sujet du centre de triage. Si l’on en croit les propos de M. Sénatus, le président de la République avait déclaré que tout président sérieux devrait encourager un tel projetPlus de deux ans plus tard, rien n’est fait. La situation socio-économique de cette frange de la population ne cesse d’aggraver. Quatre ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, un fort pourcentage de ces anciens employés vit encore sous des bâches. La situation, à bien des égards, est révoltante. Mis à part le commerce, il n’y a aucune activité économique dans ce quartier. Ce centre représentait une source additionnelle d’emplois et a contribué à augmenter le pouvoir d’achat de la population.

Face à l’insécurité qui battait son plein dans le quartier, le centre de triage constituait un vrai projet d’apaisement social pour ces centaines de familles qui ne savent plus où donner de la tête. Ce projet a contribué à réduire de manière considérable la violence, à Savane Pistache, à travers des actions à haute intensité de main-d’œuvre.

Le centre de triage est une usine de fabrication de briquettes et de compost à partir des déchets recueillis dans le quartier. Il s’agit alors d’une entreprise sociale. Les fonds générés par cette dernière peuvent, de l’avis du coordonnateur du Groupe d’appui aux gens défavorisés à Carrefour-Feuilles, sans l’aide de l’État, financer intégralement son fonctionnement. Aussi, affirme-t-il, les anciens employés consentent à mettre en commun leurs économies afin de rouvrir provisoirement l’usine en attendant sa réouverture définitive.

Jose Flecher
jflecher@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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