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Les cambistes doivent s’enregistrer au ministère du Commerce

jeudi 27 septembre 2012 par Bill

Dans le cadre de la campagne d’enregistrement des entreprises lancée par le ministère du Commerce et de l’Industrie sur le territoire national, les cambistes sont appelés eux-aussi à s’enregistrer. Le ministre Wilson Laleau a dit, lors d’une conférence de presse donnée ce 25 septembre au local dudit ministère, ne pas vouloir suspendre les activités des cambistes, contrairement à ce qui circule.

« L’objectif de la démarche d’enregistrement des cambistes n’est pas pour bloquer leurs activités ni pour les réduire, au contraire, on a besoin de renforcer ce secteur pour que les gens puissent faire des transactions avec eux sans problème », déclare le ministre du Commerce et de l’Industrie, Wilson Laleau. Une déclaration venue pour faire taire les rumeurs qui laissaient croire que ce ministère va stopper les activités des cambistes à travers les rues de toutes les grandes villes du pays, suite à un avis invitant les cambistes à venir s’enregistrer au ministère du Commerce et de l’Industrie.

« On n’est pas fou. Nous savons que bon nombre de gens sont au chômage, et bon nombre d’autres sont des entrepreneurs individuels qui vivent grâce à leurs activités », fait remarquer le ministre Laleau, ajoutant que l’Etat va accompagner les cambistes, comme tous les autres entrepreneurs. « Le gouvernement veut créer des emplois et non les détruire », insiste-t-il pour exprimer ce que cette administration prône depuis son intronisation : la création d’emplois.

Les cambistes sont considérés comme des entrepreneurs particuliers dans le cadre de cette campagne d’enregistrement des entreprises dans le pays. La plupart d’entre eux, selon Wilson Laleau, ne sont pas identifiés, ce qui rendra très difficile le travail des enquêteurs. C’est pourquoi ils sont invités à se faire enregistrer eux-mêmes au local du ministère du Commerce.

Cependant, Wilson Laleau reconnaît que le secteur de change a besoin de se restructurer dans le pays et mérite une attention toute particulière. « Lorsqu’on aura fini de s’entendre sur la procédure de cet accompagnement, on mettra en place une commission qui impliquera le ministère des Finances, la Banque centrale et des représentants des cambistes eux-mêmes, pour déterminer comment on va organiser le marché de change », a indiqué le professeur Wilson Laleau. Il fait savoir que si on veut moderniser l’économie haïtienne, l’Etat n’a d’autre choix que de travailler dans ce secteur. « Nous savons que le secteur financier est très fragile, mais on ne peut pas le laisser sans contrôle », a-t-il expliqué.

Le change est un commerce à part. Wilson Laleau rappelle, selon l’article 2 du décret régissant les opérateurs de change, que l’agent de change est nommé par le président de la République. « Je ne connais aucun pays où l’on fait le change de cette manière », fait savoir le ministre Wilson Laleau, ajoutant que cette pratique met en danger celui qui vend de l’argent comme celui qui en achète. C’est une habitude qui s’installe, selon le ministre, dans le pays depuis les trente dernières années. « Cela produira un grand handicap à l’économie haïtienne », a-t-il prédit.

Le ministre a souligné que le marché financier haïtien fait face à des difficultés. « Il y a des pressions pour avoir de nouvelles lois bancaires et des lois sur le blanchiment d’argent ; et il y a un ensemble de besoins qui sont exprimés au niveau international », ajoutant que le pays est mal placé dans plusieurs classements internationaux, sans que personne ne cherche vraiment à savoir pourquoi.

Carlin Michel

michelcarlin@yahoo.fr


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