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Le Sud, zone de prédilection pour le cacao

jeudi 13 mars 2014 par Bill

Considéré comme étant la troisième denrée d’exportation, la plus importante du pays, le cacao reste, malgré tout, une filière dont le potentiel n’est pas suffisamment développé. Dans le Sud du pays, des initiatives ont été prises pour la relance de cette filière dont la disparition avait été constatée dès le début des années 70 au niveau de cette région. Le développement du potentiel de cette région implique une augmentation de la production et les exportations de ce produit vers l’etranger

« On assiste depuis deux ans à un regain d’intérêt pour le cacao dans le département du Sud d’Haïti », a indiqué l’agronome Jean Chesnel Jean, responsable de Ayitika, une entreprise engagée dans le développement des filières agro-industrielles, lors d’une interview récemment accordée au journal sur la situation de la filière cacao dans le pays. Selon lui, le Sud possède un potentiel formidable pour le développement de cette filière. Sur ce point, il a affirmé que certains efforts ont été fournisconsentis pour exploiter à fonds ce potentiel.

« Il est facile d’apprécier le potentiel existant en termes d’écosystème, d’agro-écologique et de variétés », soutient l’agronome, ajoutant que le potentiel économique existe aussi car le prix de la tonne du cacao a doublé en moins de dix ans sur le marché mondial. Pour permettre à cette filière de repartir de l’avant dans le Sud du pays, plus de 50 000 plantules ont été vendues ou partagées dans cette région dont 40% à travers le Projet de mitigation et de désastres (PMDN) piloté par le ministère de l’Agriculture.

Actuellement, la production haïtienne du cacao est limitée à environ 5 000 tonnes. Celle-ci se trouve principalement dans les départements du Nord et de la Grand’ Anse. Pour l’exercice fiscal 2012-2013, les exportations haïtiennes de cacao étaient de 9, 2 millions de dollars américains. Ce qui représente 26,5% du total des exportations des produits primaires du pays. Une amélioration du potentiel de développement que possède le département du Sud implique systématiquement une augmentation de la production.« Le système cacaoyer haïtien, avec ses deux grandes varieties : Criollo et Trinitario, peut efficacement contribuer à la maintenance de la biodiversité dans le Sud, à la diminution des risques d’érosion, à l’amélioration de la sécurité alimentaire des familles rurales et à la redynamisation générale de l’économie locale et nationale », révèle Jean Chesnel Jean, précisant qu’il s’agit d’une culture stratégique.

Pour cela, conseille-t-il, une plantation de cacao doit se faire avec une seule variété de cacao par parcelle. Cette nouvelle approche facilitera un meilleur contrôle de la fermentation du cacao, processus indispensable pour accéder à des marchés de haut de gammes. De plus, cette technique va faciliter aussi la mise en place des systèmes de traçabilité pour le cacao et ses produits dérivés. L’agronome a cité à titre d’exemple la Fédération haïtienne des coopératives cacaoyères du Nord (FECCANO) qui a maintenant accès au marché mondial du cacao dès qu’elle a commencé à appliquer les techniques de la fermentation.

L’agronome Chesnel Jean déplore le fait qu’il n’existe pas un institut de recherche sur les filières agricoles importantes en Haiti, dont le cacao, pour effectuer des recherches et définir des politiques de développement. C’est une exigence, ajoute-t-il, à laquelle sont pliés tous les pays de l’Amérique. Une telle démarche permettra de mieux connaître et exploiter les filières agricoles. Il a proposé, entre autres, un nouveau modèle de jardin couramment appelé jardin créole où le cacao sera la culture principale à côté de bien d’autres cultures, dont la banane, l’ananas, le vétiver, etc.
Jeanty Gérard Junior
jeantygerardjr@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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