Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Le Canado technique change d’approche pour mieux former

samedi 1er février 2014 par Bill

Le Centre de formation professionnelle d’Haïti (CFPH)/Canado technique a organisé, jeudi à Turgeau, une journée d’information sur l’Approche par compétence (APC), afin de mettre en évidence l’importance d’une telle méthode dans la formation professionnelle. L’implantation de l’APC au CFPH s’inscrit dans le cadre d’un projet de plus de 12 millions de dollars financé par le gouvernement canadien, visant à donner une formation de standard international aux professionnels haïtiens.

« L’Approche par compétence, plus basée sur la pratique que sur la théorie, permet au CFPH d’apporter une formation adéquate aux jeunes et une main-d’œuvre qualifiée aux entreprises », a expliqué le directeur général du Canado technique, Pierre Garry Pierre, pour vanter les atouts de cette approche qui, contrairement à l’approche traditionnelle, favorise une formation plus axée sur les besoins essentiels du marché de l’emploi.

« Nous sommes de plus en plus convaincus que le développement économique d’Haïti doit passer par une formation professionnelle de qualité, a-t-il dit en présence d’une soixantaine de personnes des secteurs de la formation et du socio-économique, entre autres. Avec le support de nos partenaires, nous avons implanté l’APC dans le but de faciliter un apprentissage plus concret, plus actif et plus viable au profit de nos étudiants. (…) Nous devons valoriser la formation professionnelle pour sortir le pays de cette pénurie de professionnels qualifiés », a souligné le directeur général tout en remerciant le gouvernement canadien pour sa généreuse contribution au centre.

Le directeur des études du CFPH, Claudel Geffrard, a lui aussi vanté l’APC qui, selon lui, fait de l’étudiant le maître de sa formation. « Avec cette approche, ajoute-t-il, le professeur n’est qu’un facilitateur. C’est très concret et très pratique. Ça prend un peu de temps aux élèves de s’adapter car ils viennent d’un système qui priorise le « par-cœur » et beaucoup de théories. Mais une fois adaptés, ils sont enchantés et regrettent que depuis en primaire on ne les avait pas formés dans un tel système », a-t-il expliqué, notant que les programmes d’études sont montés en fonction des besoins réels du marché.

Abondant dans le même sens, le professeur Rhony E. Desrogène a indiqué que cette approche est beaucoup plus inclusive et tient compte de la capacité réelle de l’apprenant. Il invite toutes les écoles professionnelles du pays à leur emboîter le pas. « Nous avons organisé cette journée en vue de sensibiliser les jeunes et les autres institutions aux qualités de l’APC. Car nous avons besoin de main-d’œuvre qualifiée pour développer le pays. Nous n’en avons pas assez à un point tel que nous sommes obligés d’aller les chercher à l’extérieur ».

Le directeur général de l’Institut national de formation professionnelle (INFP) – structure étatique qui coiffe toutes les écoles professionnelles du pays –, Mervil Guillaumette, a félicité le Canado technique d’avoir pris une telle initiative. « C’est la première école du pays à avoir implanté l’approche, dit-il. Celle-ci est d’une grande importance car on ne doit plus apprendre des métiers avec seulement des cahiers et une plume. C’est la pratique, c’est l’expérience… En tant que directeur général de l’INFP, il était important que je sois présent pour donner mon appui et pour voir comment nous allons la multiplier dans les centres publics du pays parce que nous avons une grande carence en main-d’œuvre qualifiée. »

Selon le directeur du Consortium international de développement en éducation (CIDE) – l’agence canadienne qui dirige le projet –, Jacques Désilets, ce dernier comprend notamment la reconstruction de bâtiments pour le CFPH et l’achat d’équipements pour un montant de 11,7 millions de dollars américains. Le projet a commencé en 2009 et s’échelonnera sur six ans.

« Il n’y a pas de raison pour que les Haïtiens continuent à se contenter de techniciens qui ne sont pas à la hauteur ou à importer de la main-d’œuvre. Ils vont pouvoir trouver ici même une main-d’œuvre qualifiée, de standard international », a souligné le Canadien.

Bertrand Mercéus
mbertrand@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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