Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Lajancash : la banque à votre portable

lundi 3 juin 2013 par Bill

La Banque nationale de crédit (BNC), fidèle à ses principes d’innovation et voulant profiter des opportunités offertes par les technologies de l’information et de la communication, et de l’essor des téléphones portables en Haïti, a lancé le vendredi 24 mai 2013 LajanCash, un porte-monnaie électronique, une banque mobile. Avec LajanCash, le téléphone portable, en plus d’être un outil de communication, devient un moyen pour accéder à des services bancaires et financiers en se substituant au carnet d’épargne, au chéquier, à la carte de paiement, etc.

La Banque nationale de crédit (BNC), fidèle à ses principes d’innovation et voulant profiter des opportunités offertes par les technologies de l’information et de la communication, et de l’essor des téléphones portables en Haïti, a lancé le vendredi 24 mai 2013 LajanCash, un porte-monnaie électronique, une banque mobile. Avec LajanCash, le téléphone portable, en plus d’être un outil de communication, devient un moyen pour accéder à des services bancaires et financiers en se substituant au carnet d’épargne, au chéquier, à la carte de paiement, etc.

Evoquant l’historicité de cette découverte, le président du Conseil d’administration de la BNC, Jean Philippe Vixamar, a indiqué que La banque électronique n’était pas une invention de la BNC. C’était déjà une pratique dans les pays d’Afrique de l’Est et du Centre. Le Kenya, le Ghana utilisaient déjà le téléphone portable pour faire des transferts et des activités financières et bancaires. En Haïti, rappelle t-il, il y a eu deux expériences de banque mobile utilisant le téléphone portable. Mais ces expériences là étaient conduites par des compagnies de téléphone.

Dans le cas de LajanCash, la BNC s’est associée à une société française, TagAttitude, qui permet d’utiliser un POS pour ouvrir le compte à partir d’un téléphone portable et transférer l’argent d’un téléphone à l’autre quelle que soit la compagnie de téléphone. Cela diffère des autres compagnies qui utilisaient dans le temps un seul opérateur électronique, explique M. Vixamar rappelant que c’est la BNC qui est le conducteur du module.

« Nous n’avons signé aucun accord avec la compagnie TagAttitude parce que les lignes directives du Conatel qui régit les télécommunications en Haïti soulignent que ce sont les compagnies téléphoniques qui doivent garantir l’interopérabilité du système ».

« LajanCash est conforme à la loi bancaire du 20 juillet 2012 émise d’un commun accord entre la Banque centrale et le Conatel qui régissent le fonctionnement de banque à distance, une technologie qui utilise à la fois les TIC et le système bancaire comme moyen de transaction financière. Et grâce à cette dualité, la BNC est aujourd’hui à votre portable », soutient le président du conseil d’administration de la BNC, Jean-philippe Vixamar, qui a fait remarquer que LajanCash a réduit la distance et le temps, deux éléments à ne pas négliger lorsqu’il s’agit d’une transaction financière.

Vers l’inclusion économique de tous les Haïtiens

Intégrer le système bancaire haïtien, qui pour l’Haïtien moyen de l’arrière pays représentait une opération complexe inachevée. Haïti comprend 144 communes, dont moins d’une cinquantaine dispose d’infrastructures pouvant accueillir des succursales. Dans certaines régions du pays les gens parcourent des kilomètres et parfois même perdent une journée entière pour faire une transaction. Aujourd’hui, grâce au support des TIC et la démocratisation de la téléphonie mobile, les données ont changé.

Le portable simplifie les démarches relatives aux transactions financières et bancaires en éliminant par exemple, l’agent préposé au service à la clientèle, le chéquier, la carte de crédit, le livret bancaire, etc, indique M. Vixamar ajoutant que le portable facilite l’inclusion financière. En effet, avec un total d’environ 5 millions de cartes SIM vendues, soit autant de lignes de téléphones portables en service en Haïti, le nombre d’ Haïtiens possédant actuellement un téléphone portable dépasse largement la quantité d’Haïtiens ayant un compte bancaire.

Cette situation de sous-bancarisation de l’économie nationale est l’un des obstacles majeurs à l’inclusion financière, une étape prioritaire pour toute communauté aspirant à la croissance économique. Ainsi, l’avènement du portable ouvre grandement la voie à l’inclusion en permettant à des gens se trouvant au fin fond du pays de faire des transactions financières, des transferts de fonds, es retraits, des dépôts, des achats de bien et services et ainsi contribuer au développement de l’économie.

Ouvrir un compte LajanCash nécessite seulement un téléphone portable de n’importe qeulle compagnie de la place, une pièce d’identité et un montant illimité constituant le fonds du compte. La BRH, qui veille strictement sur le fonctionnement du système, limite les transactions journalières au niveau des portefeuilles électroniques à 10 000 gourdes, soit 60 000 gourdes par mois.

Le lancement de LajanCash sur le marché haïtien propose une solution à une série de problèmes liés d’abord à une mauvaise utilisation de la monnaie traditionnelle très souvent martyrisée, salie et déchirée. D’autre part, LajanCash garantit une certaine sécurité au propriétaire du compte qui, même avec la perte du téléphone, reste toujours le gestionnaire de son compte.

Plusieurs entreprises de la région métropolitaine telles que Delmas 2000, Giant Super Market, Compas Market, Epi d’Or, Extra Market, Cosmetica, Olympic Market, Office zone, Top Distribution, Janot Beauty Supply , etc, sont associées à LajanCash. Les détenteurs de compte LajanCash peuvent donc acheter produits et services dans ces différentes entreprises. Les clients des villes de province peuvent contacter les succursales de la BNC pour des informations relatives à ce nouveau moyen de transaction financière et de transfert d’argent.

Cyprien L. Gary


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