Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies
Congrès régional sur l’entreprenariat et l’accès au crédit

La Fondation ETRE Ayisyen lance la révolution entrepreneuriale dans le Nord

vendredi 18 avril 2014 par Bill

A l’initiative de la Fondation ETRE Ayisyen, des milliers de jeunes – issus des différents départements géographiques du pays – ont accouru au Cap-Haïtien afin de participer les vendredi 11 et samedi 12 avril dernier au premier congrès sur l’entrepreneuriat et l’accès au crédit en Haïti

« Personne ne doit être condamné en raison de ses origines sociales, géographiques ou raciales », « Opportunité égale pour tous »… Ces principaux slogans, tel un leitmotiv, ont été scandés en chœur par plus de 5 000 poitrines. 5 000 jeunes qui ont fait le serment solennel d’en finir une fois pour toutes avec la misère et la pauvreté afin d’embrasser définitivement l’entrepreneuriat comme planche de salut.

« La misère est une maladie et un malaise spirituel », leur a martelé, d’entrée de jeu, Mathias Pierre, président de la Fondation ETRE Ayisyen et instigateur de ce congrès. Après avoir assisté à la capitulation de l’armée française le 18 novembre 1803, Vertières a été témoin ce week-end d’une autre révolution. Une révolution d’amour, une révolution entrepreneuriale menée énergiquement par Mathias Pierre.

Sous son leadership, la Fondation Vincent, dirigée par les Salésiens de Don Bosco, a connu une fin de semaine mouvementée et riche en activités dans le cadre de ce congrès. Tables rondes, travaux en atelier, séances d’animation, etc., la Fondation ETRE Ayisyen n’a pas lésiné sur les moyens pour conscientiser et sensibiliser les jeunes présents, d’une part, à l’entrepreneuriat et, d’autre part, à l’épineuse question de l’accès au crédit.

Les participants ont pu ainsi réfléchir et proposer des pistes de solution autour des thèmes comme : « Comment adresser la problématique du crédit en Haïti ? », « Quels outils financiers mettre en place pour faciliter le développement des entreprises ? », « Comment peut-on offrir des opportunités égales à tous ? », etc. 11 tables de 20 personnes chacune, un rapporteur par table, ont constitué l’essentiel de ces ateliers« Je vous promets de faire tout mon possible pour que le secteur privé appuie l’initiative de la Fondation ETRE Ayisyen. Le combat est juste, nous en sortirons vainqueurs », a déclaré Didier Fils-Aimé, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti. Des spécialistes du credit, tels l’économiste Gérald Frédéric Chéry et Lionel Fleuristin - directeur exécutif du Conseil national de financement populaire (KNFP), - se sont penchés tour à tour sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour dynamiser l’environnement des affaires en Haïti et comment développer la culture entrepreneuriale chez les jeunes et assurer la relève.

« Nous avons déjà remporté la bataille », a déclaré de manière péremptoire Mathias Pierre. Ladite bataille consistant en un plaidoyer pour la création d’une banque de développement décentralisée à travers le pays. Cet instrument de lutte contre la pauvreté, pour paraphraser Mathias Pierre, aura pour mission de démocratiser le crédit agricole et d’octroyer du crédit aux étudiants, éléments de la classe moyenne et aux jeunes entrepreneurs.

A cet effet, les responsables de la Fondation ETRE Ayisyen ont fait circuler une pétitions, ils ont recueilli plus de 4 000 signatures. Les pétitionnaires ont tous dit oui pour une banque de développement de l’entrepreneuriat qui sera un haut lieu de partenariat et de dialogue entre les secteurs public et privé et dont le conseil d’administration sera constitué de leaders locaux.

Les services de formation, de statistiques et d’études de marché, et le service financier constitueront les principaux organes de cette banque de développement de l’entrepreneuriat. « Tout projet admissible retenu peut bénéficier d’une aide financière d’un montant maximal de 700 000 gourdes », stipule un document spécialement élaboré par les responsables de la Fondation ETRE Ayisyen. Et, selon ce même document, les conditions minimales suivant lesquelles les aides financières seront attribuées sont, entre autres : une durée minimale de remboursement s’étalant sur 7 ans et un taux d’intérêt tenant compte du taux directeur moins de 1%.

Ce congrès régional organisé dans le Nord n’est qu’une première étape dans la stratégie de mise sur pied de cette banque de développement. L’autre étape consistera en un congrès national où une proposition de loi sur l’accès au crédit sera acheminée au Parlement accompagnée de l’ensemble des signatures recueillies dans la pétition.

Au total, 4 500 jeunes ont reçu une formation de base en entrepreneuriat grâce à la diligence de 20 formateurs bénévoles. Par ailleurs, 250 jeunes, bénévoles eux aussi, ont donné un sacré coup de main en vue de la réussite du congrès. « Tous ces jeunes qui ont laissé leur foyer, leur quartier, leur commune ainsi que leur département pour venir jusqu’ici méritent qu’on salue leur courage. Ils représentent l’espoir qu’un lendemain meilleur est encore possible en Haïti », s’est exclamé Valéry Fils-Aimé, coordonnateur des activités à la Fondation ETRE Ayisyen.

Patrick SAINT-PRE
sppatrick@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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