Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

La FODES-5 prône l’économie sociale et solidaire en Haïti

vendredi 6 février 2015 par Bill

Sous la houlette des responsables du Fonds de développement économique et social (Fodes-5) et d’un parterre de spécialistes en agroéconomie, en économie sociale venant du Québec, plusieurs regroupements de femmes et de producteurs se sont reunis à Labrousse pour réfléchir sur un secteur en pleine mutation qu’est l’Économie sociale et solidaire (Ess).

« Cette théorie est partout. En Haïti, vous la pratiquez sans même vous soucier de ce que c’est », déclare Emilie Fortin-Lefebvre, experte du Groupe d’économie solidaire du Québec. La spécialiste avance que bon nombre d’initiatives haïtiennes sont tirées de cette théorie qu’elle assimile au jargon haïtien “mete tèt ansanm”. Elle croit que l’idée de fédérer les initiatives personnelles à une échelle commune est la meilleure formule de développement durable pour les collectivités. La cuisine collective – le jardin collectif – sont, pour Emilie, autant d’activités où peut être appliquée l’expérience de cette théorie qu’elle qualifie d’originale et d’efficace.

Membre de la délégation québecoise, l’experte témoigne de son optimisme de la réussite des activités économiques et sociales dans le pays. Elle croit important que les Haïtiens continuent à pratiquer le vivre-ensemble pour résoudre les problèmes personnels et collectifs à court terme. « Ça va aider à refaire l’image d’Haïti aux yeux de l’étranger », confie-t-elle. Les activités ne visent pas l’enrichissement personnel mais le partage et la solidarité pour une économie respectueuse de l’homme et de son environnement, soutient-elle tout en rapelant que le modèle économique de l’ESS est au service de la société et du citoyen.

Gérald Larose, membre de l’Union des producteurs agricoles pour le développement international, admet que les premiere échanges sont encourageants. Il informe que les résultats des ateliers ont permis de vérifier l’existence en Haïti de l’ensemble des structures qui, pour l’expert québécois, reposent sur des valeurs et des principes communs : utilité sociale, coopération, ancrage local adapté aux nécessités de chaque zone et de ses habitants. « L’économie solidaire a revitalisé les valeurs défendues par l’économie sociale : une économie au service de l’homme et non au service du profit », rappelle Gérald Larose.


L’économie sociale se définit par les statuts des structures qui la composent : associations, coopératives, mutuelles et fondations. Elles défendent la primauté de l’homme sur le capital et supposent une gestion collective des organisations. L’économie sociale plonge ses racines dans le mouvement ouvrier du XIXe siècle et sa résistance à la logique productiviste de la révolution industrielle. Face à leurs conditions de vie précaires, les travailleurs, inspirés par des penseurs du socialisme utopique (Saint-Simon, Charles Fourier), se sont organisés et ont créé des sociétés de secours mutuels, des comptoirs alimentaires et des coopératives de production.

Auteur : Hansy MARS

hansymars@gmail.com


Accueil | Plan du site | Contact | Statistiques du site | Visiteurs : 273 / 282877