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La Banque de développement des Caraïbes, entre examen et prévisions

jeudi 26 février 2015 par Bill

A Barbade (Barbados en anglais), micro-État insulaire d’une superficie totale d’environ 430 km2 faisant partie des Petites Antilles, la Banque de développement des Caraïbes (CDB en anglais) a tenu, le mercredi 18 février 2015 à l’hôtel Hilton, sa conférence de presse annuelle. Au cours de cette conférence, la CDB a passé en revue les performances économiques de la région, notamment celles des pays membres emprunteurs pour 2014, ainsi que sa propre performance et a effectué des projections prévisions en 2015.

A la salle de conférence du Hilton de Barbade, siège social de la CDB, plus d’une vingtaine de journalistes, en provenance de toute la Caraïbe, ont suivi, pour le compte de leurs médias respectifs, la conférence annuelle de la CDB. Cette banque, au fil des ans, est en train de devenir un acteur important dans le développement de la région. En effet, elle dessert 19 pays membres emprunteurs, y compris Haïti et le Suriname, et vient d’enregistrer, pour l’année écoulée, une augmentation de 61% des approbations de prêts par rapport à 2013, offrant ainsi du financement pour plus de projets de développement en 2014.

243.8 millions de dollars, c’est l’enveloppe allouée par la banque, au cours du précédent exercice, à 19 projets à travers 8 secteurs. Jamaïque, Trinidad and Tobago et Belize ont été les plus grands bénéficiaires avec des projets valant respectivement 50, 40 et 45 millions. L’appui au secteur public, l’éducation, les transports et communications arrivent en tête parmi les secteurs financés par la CDB.

William Warren Smith et Justin Ram, respectivement président et directeur du département des affaires économiques de la CDB, ont passé en revue la performance de leur institution, en particulier dans les domaines de financement de projets et d’assistance technique, avant de discuter de perspectives pour la région en 2015.

« En 2014, nous avons poursuivi à la CDB nos efforts pour aider les pays membres emprunteurs à maintenir la croissance de leur économie. Une croissance économique soutenue est importante parce qu’elle a la possibilité d’améliorer la vie de plus de 16 millions d’hommes, femmes et enfants qui vivent dans notre région », a déclaré le président de la CDB.

Selon la CDB, la poursuite de la croissance régionale pour 2015 est l’un de ses objectifs. A la lumière de ses observations, elle dit noter une forte performance dans le tourisme et la construction en 2014, des augmentations record en général dans les échanges avec l’étranger, des performances mixtes dans le secteur manufacturier et l’agriculture, et un taux de chômage élevé, mais qui a tendance à chuter dans certains territoires.

Ainsi, la Banque de développement des Caraïbes projette que les économies régionales vont croître de 2% en moyenne cette année avec des extensions attendues dans tous les 19 pays membres emprunteurs.

« Comme ce fut le cas l’année dernière, la plupart se sont mis à croître de 1% et 3% avec des performances solides attendues dans le tourisme et la construction, avec une certaine amélioration des exportations des produits de base », ont fait savoir les responsables de la CDB.

Toujours selon ces derniers, pour 2014, les meilleurs taux de croissance de la région, en phase de reprise économique, ont été enregistrés par les économies les plus dépendantes du tourisme et une grande partie de l’activité de construction, principalement tirée par le secteur privé, est liée au tourisme et aux autres activités de développement commercial.

En ce qui a trait au secteur manufacturier, Haïti et la Guyane ont été les deux autres grands fabricants qui ont affiché de la croissance. Mais les investissements directs étrangers (IDE) dans ces deux pays, en sus de la Barbade et le Suriname, ont reculé pour une deuxième année consécutive, a constaté la CDB.

Après leurs exposés respectifs, d’une durée chacune d’environ 20 minutes, William Warren Smith et Justin Ram ont répondu patiemment aux différentes questions des journalistes présents dans la salle et à celles des internautes qui suivaient en direct la conférence sur la Toile. L’avis des deux cadres de la CDB était sollicité notamment sur les questions relatives au taux de chômage dans la région, sur le rapprochement des Etats-Unis avec Cuba et sur une éventuelle possibilité pour Cuba de devenir membre de la CDB.

Concernant ce dernier point, le président de la CDB a admis l’existence de discussions déjà entamées entre la CDB et Cuba et a confirmé l’intérêt de ce dernier pour rejoindre son institution. « Au sein de la CDB, nous voyons d’un bon œil le rapprochement américano-cubain et nous suivons avec beaucoup d’intérêt ce dossier », a confié William Warren Smith, qui se dit aussi préoccupé par le taux particulièrement élevé du chômage dans la région.

« Le secteur privé devra également porter une partie du fardeau financier en investissant dans l’infrastructure sociale et économique de la région », a rappelé Justin Ram au cours de son intervention. Pour encourager cela, la CDB compte déployer de nouvelles structures pour soutenir ses pays membres emprunteurs qui se tournent vers des partenariats public-privé.

Dans le même temps, la banque exhorte les gouvernements à entreprendre des réformes structurelles pour créer le type d’environnement juridique et réglementaire et le cadre général de gouvernance qui peuvent attirer des investissements, et au sein duquel le secteur privé peut vraiment devenir le principal moteur de la croissance.

A propos de la Banque de développement des Caraïbes

La Banque de développement des Caraïbes est une institution financière régionale établie en 1970 dans le but de contribuer à la croissance économique et au développement harmonieux des pays membres. L’économiste et prix Nobel Sir Arthur Lewis est le président fondateur de la banque.

Elle compte dix-neuf pays membres emprunteurs régionaux qui sont : Anguilla, Antigua et Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, les Iles vierges britanniques, les Iles Caïmans, Dominique, Grenade, Guyana, Jamaïque, Haïti, Montserrat, St-Kits-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et Grenadines, Suriname, Trinidad and Tobago, les Iles Turks and Caicos ; trois pays membres non emprunteurs de la région : Mexique, le Venezuela et la Colombie et cinq pays membres non emprunteurs et non régionaux : Canada, Chine, Allemagne, Italie, Mexique et Royaume-Uni.

Au 31 décembre 2014, la CDB disposait d’un actif total de 2.61 milliards de dollars. En 2014, la banque a approuvé des prêts et des subventions pour un montant de 26.6 milliards. L’agence de notation Standard and Poor (S & P) a révisé sa note pour la CDB qui est passée de « négative » à « stable » et affirmé son statut de « double A » sur les cotes de ses devises.

Auteur : Patrick SAINT-PRE
sppatrick@lenouvelliste.com


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