Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Henri Bazin et Gladys M. Coupet au panthéon de la finance

mercredi 18 avril 2012 par Bill

Haïti : L’interpellation de Clarens Renois, maître de cérémonie, met brusquement un terme aux interminables conversations entre banquiers, économistes, officiels et autres invités au lancement de la deuxième édition du colloque sur la finance et la technologie appliquée du Group Croissance, à l’hôtel Karibe, mardi 17 avril 2012.Il situe la soirée : « deux modèles incontestables seront honorés ».


Suspense. Léger. Rien ne filtre. Dans les têtes, une question trotte : qui sont-elles, ces personnalités, ces étoiles qui garniront le panthéon de la finance, aux côtés de Carl Braun et de feu Guito Toussaint, fauché trop tôt par des assassins encore en liberté ?

Jerry Tardieu, veste bleue, cravate rouge foncé lève le voile : c’est Henri Bazin. On exulte. Le standing ovation assorti d’un énergique applaudissement renseigne. La vénération dévolue à cet homme, un monument vivant, solide comme un minéral et humble comme un moine tibétain est réelle. Puissante. « C’est l’homme qui fait l’unanimité ». Chose rare dans ce pays où les clans, les clivages amplifient une détestable polarisation, souligne Jerry Tardieu, neveu de Henri Bazin. Le CV de cet octogénaire que l’on croise seul au supermarché ou au volant de sa vieille Toyota est longue, aussi longue la traîne d’une mariée.

Détenteur d’une maitrise en économie obtenue en France après de brillantes études en Haïti, Henri Bazin, frère de Marc L. Bazin, a donné la pleine mesure de ses capacités au poste de ministre de l’Economie et des Finances après le dépar d’Aristide en 2004. De lui, on retient l’arrêt du financement du déficit public par la BRH et d’autres innovations pour assainir les finances publiques et lutter contre la corruption.

Fidèle à lui-même, Henri Bazin, non sans élégance, indique que Jerry Tardieu l’a couvert de paroles beaucoup trop élogieuses. Naturel en saluant ses lieutenants, des collaborateurs au MEF, dont André Lemercier Georges, Ronald Baudin, Frantz Richard..., Henri Bazin reconnaît cependant, sans autoflagellation destructrice, que beaucoup reste à faire pour la grande partie des Haïtiens. « Nous avons essayé de servir notre pays. Continuez à aimer ce pays qui mérite d’être aimé », insiste-t-il, pressant dans son appel aux nouvelles autorités politiques et à la société toute entière à se mettre au chevet de la mère patrie.

Les étoiles d’admiration dans les yeux de l’économiste Kesner Pharel du Group Croissance et du gouverneur de la BRH scintillent. Elles ne s’éteignent pas. Le podium est gravi par Magareth C. Graham, coiffure classique, robe jaune. On sait déjà dans l’assistance que l’autre personnalité n’est autre que Gladys Coupet, 40 ans de banque derrière après sa maitrise en économie à la prestigieuse Columbia University. Simple, pragmatique, Gladys Ménos Coupet, directrice de la Citibank en octobre 1985, ne s’est pas confinée dans un bureau. Elle s’implique, agit, partage, conseille. A l’AMCHAM, à l’APB, à la Commission présidentielle sur la compétitivité sous la présidence de René Préval, cette mère de famille heureuse de la réussite de ses enfants donne. Infatigable travailleuse, intelligente, Gladys Coupet est plus qu’un modèle, selon Margareth Graham.

Comme Henri Bazin, Gladys Ménos Coupet rend hommage à ses collaboratrices à la Citibank, fait un clin d’oeil à ses parents, ses premiers professeurs. Survolant son action, son engagement, quelques regrets que les recommandations de la commission sur la compétitivité moisissent dans les tiroirs, la directrice de la Citibank fait un aveu. « Sur le plan des résultats au niveau pays, j’aurais pu faire mieux, j’aurais du faire mieux », confie Gladys Coupet devant le gratin de la finance d’un pays qui rêve d’inclusion financière tant les inégalités, les problèmes structurels sont lourds.

Heureux d’avoir donné au pays, au secteur financier, 3 des quatre étoiles du panthéon de la finance se sont offertes une pose pour les annales. Sans Guito Toussaint dont l’esprit à peut-être flotté sur l’assistance, projetée dans un flash back douloureux à la projection des photos du défunt sur un écran géant...

Congratulés, les récipiendaires, fiers, comme au début de la soirée, se sont fondus aux invités de cette soirée hommage, plongés dans leurs conversations. Cette fois, sans pression, sans contrainte de temps, sans interpellation de Clarens Renois...

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