Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Haïti, un transport public au gré des propriétaires

vendredi 17 janvier 2014 par Bill

Les véhicules assurant le transport en commun en Haïti ne respectent, dans une grande proportion, aucune norme. Ils se trouvent dans une situation de délabrement inacceptable. Partout à travers le pays, on rencontre ces genres de véhicules pour le moins innommables. D’aucuns affirment que le seul objectif des propriétaires et des chauffeurs est de s’enrichir au grand dam des usagers. Le pire, la population et les autorités se taisent ...

Le transport en commun assure le pain quotidien à une frange non négligeable de la population. Certains vivent essentiellement de cette activité. L’État tire aussi sa part du lot. Les propriétaires paient régulièrement les taxes qui leur sont imposées. Cependant, certains véhicules assurant cette fonction sont dans un état lamentable. Il suffit de passer une trentaine de minutes au boulevard Jean-Jacques Dessalines et dans quelques autres artères de la capitale pour s’en faire une idée. Dans des pick-up défoncés, sur lesquels des carrosseries artisanales sont fixées à partir d’une cage en fer forgé ou en bois, les gens sont entassés.

Ces derniers sont assis inconfortablement sur des bancs en bois avec le risque de se faire écorcher par des clous . Les personnes à mobilité réduite ont beaucoup de peine à se déplacer dans ces conditions inhumaines. Nombreux sont les passagers qui ont déjà perdu leur pantalon et d’autres habits dans ces camionnettes, minibus, fourgonnettes… La scène est déconcertante. Ces boîtes à moteur sont d’ une laideur sans pareil. Elles sont sales et ne sont pas repeintes. Les accessoires les plus élémentaires leur font défaut. Elles sont démunies, pour la plupart, des feux arrière et de rétroviseurs. Des pare-brises émiettés. Certaines d’entre elles dégagent des fumées nocives qui polluent l’environnement. Ces fumées sont aussi nocives pour les personnes qui les respirent. C’est vraiment du n’importe quoi.

Lors de la campagne lancée le 26 octobre 2011, le directeur de la circulation M. Will Dimanche avait informé que le délabrement des véhicules publics est la première cause des accidents en Haïti. Les propriétaires, avait-il affirmé, ne prennent aucune mesure afin d’améliorer l’état de leurs véhicules.

Il n’existe pas de données récentes en ce qui a trait au nombre de véhicules qui assurent le transport en commun. Selon un rapport publié en 2005 par l’IHSI, le nombre de véhicules qui assurent le transport des passagers dans l’aire métropolitaine était évalué à 21.387. 75% de ces derniers sont fabriqués dans la décennie 70-80 et 5% seulement sont des modèles récents.

Malgré cet état de fait, ces véhicules ont contribué à la hausse des activités économiques au cours de l’année dernière. Il faut se rappeler qu’au troisième trimestre de 2013, selon l’IHSI, la croissance du niveau général des prix est imputable au comportement à la hausse de tous les postes de dépenses, dont le transport qui a crû de 0.75%.

Les mesures annoncées par le directeur de la circulation en vue de la modernisation du transport en commun ne sont toujours pas appliquées. Le secteur n’est pas régulé. Un spectacle de mauvais goût se dessine sur nos routes. Cette situation, semble-t-il, n’attire pas l’attention des autorités gouvernementales. De l’avis d’un commissaire de police qui a requis l’anonymat, le problème réside surtout en l’absence de certains services essentiels, le Service d’Inspection des Véhicules notamment.

Jose Flecher
jflecher@lenouvelliste.com


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