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Commerce/Coopération

Haïti en quête d’opportunités mexicaines

samedi 22 février 2014 par Bill

Les Mexicains vont probablement continuer à s’intéresser à Haïti du fait de la croissance commerciale enregistrée durant ces 12 dernières années. En dépit du fait que les Mexicains connaissent encore mal Haïti, cela n’a pas empêché que leur commerce avec Haïti a connu un bond de 600% pour atteindre 62 millions de dollars entre 2001 et 2012. La Perle des Antilles va devoir rattraper son grand retard et attirer des investisseurs mexicains qui ne cherchent que des opportunités.

La mission commerciale haïtienne qui a séjourné chez les Aztèques a voulu vendre les attraits d’Haïti. Les représentants de l’Etat ont présenté le pays sous son meilleur jour tandis que les entrepreneurs multiplient les rencontres à la recherche de bonnes affaires. Dans les coulisses, nous avons appris que plusieurs entreprises haïtiennes de la construction ont tiré leur épingle du jeu : Vorbe & Fils, Constructeur Universel, Comsa et G3, pour ne citer que celles-là. D’autres entrepreneurs qui n’ont pas fait honneur à Haïti prendront encore du temps à voir le bout du tunnel.

Quelque 70 membres de cette délégation composée d’entrepreneurs, de représentants de l’Etat, de l’ambassade du Mexique en Haïti, de journalistes ont séjourné dans la capitale mexicaine du 17 au 21 février. Les jours se suivent et se ne ressemblent pas. Le 17 février, après l’ouverture officielle de la cérémonie par les autorités des deux pays, les entrepreneurs se sont livrés à une prise de contact suivie de tête-à-tête. Le 18 février, une réunion au sommet entre les représentants de l’Etat haïtien allait évaluer l’état des relations commerciales entre les deux pays. Des entreprisela construction ont planifié plusieurs visites dans leur fabrique pour jouer cartes sur table.

Au moment où le président mexicain, Enrique Peña Nieto, recevait, mercredi, ses homologues canadien et américain dans la capitale, la délégation haïtienne a été reçue au dixième étage des locaux de la Chambre mexicaine d’Industrie et de la Transformation (Conacintra). Le président du secteur des fabricants de produits pour la construction à la Conacintra, Miguel Angel Nogueira, a invité les hommes d’affaires à profiter au maximum du savoir des entreprises mexicaines.
Les entreprises mexicaines ont beaucoup à vendre en ce qui concerne le secteur de la construction. Des préfabriqués légers mais solides de Premex, au travail de précision au laser de l’entreprise Precision Cut, en passant par les métaux travaillés pour les édifices de toute taille présentés par TMP, les Mexicains ont joué à l’offensive. Ils ont vendu du solide, du concret.

Le directeur général du ministère haïtien du Commerce et de l’Industrie, Luc Espéca, tout comme l’ambassadeur d’Haïti au Mexique, Guy Lamothe, ont tous deux plaidé en faveur de l’équité dans les échanges. Haïti n’est pas venu quémander ni n’est à la recherche d’aide humanitaire mais veut faire du commerce avec le Mexique. M. Especa a souligné à l’endroit des entrepreneurs-hôtes que le gouvernement haïtien a déjà entrepris des efforts pour réformer le cadre des affaires.
s mexicaines deLe directeur adjoint du cabinet du Premier ministre haïtien chargé des investissements, Henri-Claude Müller Poitevien, a, pour sa part, présenté le pays, sa position géostratégique dans la région des Caraïbes. Il s’est particulièrement attardé sur les indicateurs macroéconomiques des dernières années et a esquissé des perspectives encourageantes susceptibles d’attirer tous ceux qui cherchent à faire fructifier leurs avoirs.

Quant au directeur général de la Société nationale de parcs industriels (Sonapi), Bernard Schettini, et la consultante de cette institution en droit, George May Figaro, ils ont mis en avant les prix attrayants des parcs de la Sonapi. 2,60 dollars par pied carré et par mois. C’est ce que propose la Sonapi aux entreprises mexicaines qui comptent s’établir en Haïti contre plus de 5 dollars chez ses concurrents.

Apparemment satisfait du début de la mission des relations, Miguel Angel Leaman, chargé de coordonner le processus d’internationalisation des entreprises mexicaines à ProMexico (ndlr : l’équivalent au Mexique du Centre de Facilitation des Investissements (CFI)), estime que pour un depart, les autorités des deux pays vont faire de leur mieux pour accroître les relations commerciales dans les deux sens.
« La main-d’œuvre dans les zones franches, le salaire minimum sont autant de points qui nous intéressent. Cette mission et les différentes rencontres vont servir de matière au gouvernement qui analysera les rapports et assurera le suivi correctement », a promis Miguel Angel Leaman, qui considère la mission commerciale comme une fenêtre ouverte entre les entrepreneurs des deux pays. Pour lui, les premiers pas sont fondamentaux dans le développement du commerce haïtiano-mexicain.

Ce n’est pas Marco Antonio Fraire, chef de la Chancellerie à l’ambassade du Mexique en Haïti qui dira le contraire. « Je suis très satisfait des journées de travail. Nous voulons arriver à la mise en place de zones franches, nous voulons augmenter le commerce particulièrement dans les domaines de l’industrie agro-alimentaire, le tourisme et l’industrie textile », a-t-il déclaré en qualifiant de laborieux les efforts entrepris par les deux pays.

Le Conseil entrepreneurial mexicain du Commerce extérieur, de l’Investissement et de la Technologie (Comce) et ProMexico ont même pensé à organiser des séances pour partager avec les entrepreneurs haïtiens le mécanisme de faire des affaires au Mexique. Le séminaire autour du thème « Comment faire des affaires avec un mexicain » devrait intéresser nombre d’entrepreneurs qui n’ont pas fait forcément le déplacement jusqu’à Mexico.

Eddy Salomon, P.D.G. de Constructeur Universel, confie qu’avant cette mission, il avait déjà visité le Mexique. M. Salomon, qui est également le vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Nord, estime qu’il a renforcé ses liens avec des hommes d’affaires mexicains et projette d’organiser un voyage au Cap-Haïtien pour des touristes mexicains. Eddy Salomon, qui évolue dans la distribution des matériaux de construction, va inaugurer bientôt Universal Hotel au Cap-Haïtien. L’homme est débordant d’optimisme pour ses affaires, et conclut qu’Haïti a beaucoup à gagner si les entrepreneurs savent ce qu’ils veulent.
Dieudonné Joachim Mexico City

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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