Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Haiti/ économie Pour l’inclusion financière en Haïti

mardi 17 avril 2012 par Bill

Le système financier haïtien est déséquilibré et exclusif. Tel est l’objet de la conférence de presse tenue par le Groupe croissance ce lundi 16 avril. Cette conférence est le prélude du colloque sur la problématique de l’inclusion financière en Haïti prévue du 17 au 20 avril 2012.

Selon des données recueillies auprès de la banque de la République d’Haïti (BRH) et illustrées par le Groupe croissance au cours de sa conférence de presse, 131 milliards de gourdes seulement sont disponibles dans le système bancaire haïtien. Le département de l’Ouest compte à lui seul 117 milliards alors que trois autres départements : La Grand’ Anse, le Nord est et les Nippes disposent chacun de moins d’un milliards de gourdes.

Qualifiée d’insécurité financière, cette situation, est pour le Président directeur général du Groupe croissance, Kesner Pharel, l’expression de la pauvreté qui existe dans ces régions. Car, explique t-il, les banques commerciales notamment sont très faiblement représentées dans ces départements. Or, renchérit-il, le secteur bancaire est particulièrement attiré par les régions où il existe d’importantes activités économiques génératrices de revenus.

M. Pharel estime judicieux que les gouvernants tiennent compte de ces données en vue de faciliter le processus de décentralisation qu’ils prônent. Les dirigeants haïtiens devraient à ce propos comprendre la nécessité d’élaborer des politiques visant le développement socio-économique des régions précitées. L’inclusion financière est aussi conditionnée par l’éducation des citoyens. De quoi s’agit-il en réalité ? En effet, une étude statistique réalisée par le Groupe croissance dans le département de l’Ouest cette année révèle que 50% des enquêtés ne connaissent pas les différents services offerts par les banques. Ce qui explique, que 95% d’entre eux ne font qu’effectuer des retraits et dépôts dans les banques. Toutefois, poursuit l’enquête, 88% de ces clients expriment le désir de connaitre et de profiter de ces services dont ils ne sont informés.

Le PDG du Groupe croissance croit qu’une telle situation devrait interpeller la société haïtienne en générale. Les institutions bancaires sont concernées au premier chef. Puisque, selon Kesner Pharel, moins les citoyens ont une bonne connaissance des services offerts par les banques, moins ils seront aptes à s’acheter d’autres services. Aussi, les institutions bancaires devraient mettre sur pied des mécanismes en vue de favoriser l’accessibilité à l’information.

Monsieur Pharel se dit convaincu que l’éducation financière est nécessaire à tous surtout aux jeunes afin qu’ils puissent survivre dans le contexte de la mondialisation. Aussi plaide-t-il en faveur de cette éducation au niveau de l’école classique.

Jean Michel Cadet

jeanmich83@yahoo.fr

Voir en ligne : www.lematinhaiti.com

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