Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Haïti à la 6e conférence mondiale sur le développement des télécommunications

jeudi 3 avril 2014 par Bill

Plus de 1600 participants. 150 pays représentés. Cette semaine, à Dubai (Emirats arabes unis), ce sont les décideurs du monde des télécoms qui se réunissent pour la VIe Conférence mondiale de développement des télécommunications.

Cet événement de haut niveau de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) revêt en effet une importance majeure : car l’un des résultats attendus au terme des assises le 10 avril prochain est le Plan d’action de Dubai, qui fixera le programme du développement des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication pour les quatre prochaines années.

Mais, au cours de ce forum mondial ouvert le 30 mars écoulé, les dialogues ne se portent pas uniquement autour de cet agenda international de référence. Seront aussi débattues lors des séances de discussions les problématiques actuelles que confrontent le secteur, notamment la question de la large bande qui constitue d’ailleurs le thème de la conférence (« La Large Bande pour le développement durable »), la question de la cybersécurité qui est une préoccupation centrale au niveau international, la question du passage de la télévision analogique vers la télévision numérique ainsi que la question des applications des TIC au développement ; lesquelles applications touchent aux secteurs vitaux de l’activité des peuples telles que la médecine, le commerce, l’agriculture, l’éducation et la gouvernance.

« Au-delà d’une participation symbolique »

A cette conférence de deux semaines, Haïti est représentée par une délégation de l’Administration nationale des télécommunications regroupant le Ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC)qui est dépositaire des missions politiques du secteur et qui a l’obligation de s’assurer que le pays dispose d’une infrastructure de l’information appropriée et le Conseil national des Télécommunications (CONATEL), son autorité de régulation. « L’intérêt d’Haiti pour cette manifestation répond, non pas à une exigence d’une présence symbolique ou anecdotique, mais à la nécessité de se donner les moyens de définir une gouvernance technologique qui puisse garantir la contribution des technologies au développement du pays, partant bien entendu de la planification nationale globale pour le développement », a expliqué la délégation haïtienne au Nouvelliste.

Dans une interview accordée au journal en marge des discussions, les représentants d’Haïti, les ingénieurs Jean-Marie Maignan et Jean David Rodney ont tenu à préciser la signification de la participation du pays : « Il ne s’agit pas de mettre en place des pseudo-structures qui reproduisent des programmes et projets que nous voyons se développer à l’échelle internationale, sans nous assurer des termes de référence en adéquation avec les besoins réels. Il ne s’agit pas non plus de répondre aux pressions des groupes d’intérêts nationaux et internationaux pour coopter des solutions technologiques non adaptées aux exigences réelles du développement- car, l’histoire de l’évolution du secteur reflète cette mitigation qui nous aura vu rater des opportunités claires de nous positionner avantageusement sur l’orbite du développement technologique- .

Leur mission à cet événement est tout autre : « Il s’agit de s’approprier des enjeux, des problématiques et d’aviser, à travers une politique sectorielle bien pensée, des modalités conceptuelles et opérationnelles permettant d’intégrer la technologie dans la planification nationale pour le développement ».

Beaucoup de chantiers pour Haïti

Mais le pays est-il aujourd’hui en phase avec les évolutions du secteur ? Le CONATEL le veut bien. Ses lignes d’action se portent en effet sur :

· La large Bande pour laquelle il a reçu une délégation du MTPTC pour travailler avec la Banque interaméricaine de développement (BID) aux fins de l’élaboration d’un programme national y relatif.

·La transition de la télévision analogique vers la télévision numérique dont un premier cadrage effectué par une cellule technique a permis de mettre en place l’ensemble des mécanismes destinés à assurer un déploiement harmonieux de l’infrastructure y relative.

· La cybersécurité pour laquelle un agenda national est en cours d’élaboration dans le cadre d’une collaboration multisectorielle.
· La promotion de l’accès universel dans lequel s’inscrit le projet « SCOLARITECH » consistant à équiper les écoles et autres centres de formation en facilités technologiques nécessaires.
· La promotion et le contrôle de la qualité de service à travers un agenda de portabilité des numéros.
· La gestion et le contrôle du spectre radioélectrique.

« La prise en charge de ces lignes d’actions ne s’assurerait nullement de sa fiabilité et de sa viabililité si elle ne s’appuyait opportunément sur l’expérience internationale en la matière développée notamment à travers des commissions d’études et autres structures d’encadrement thématiques (Commission sur la « Large Bande ») mises en place au niveau du creuset d’appropriation technologique que constitue l’UIT », a souligné pour Le Nouvelliste les membres de la délégation.

« Telecom World 2014 » : une opportunité

Ainsi, après la Conférence mondiale sur le développement des télécommunications, l’Administration haïtienne des télécommunications devrait participer à d’autres rendez-vous mondiaux au cours de l’année : la réunion de suivi du Sommet mondial sur la société de l’Information (SMSI) en juin 2014, les premières réunions des Commissions d’études du secteur du développement de l’UIT en septembre prochain pour le nouveau cycle 2014-2018 et du 20 octobre au 07 novembre à la Conférence des plénipotentiaires de l’UIT (PP-14), instance suprême de l’Union qui, non seulement devra valider les conclusions des Conférences des trois secteurs de l’UIT- notamment la CMDT/14 – mais encore renouveler le personnel dirigeant de l’Institution, depuis le Conseil jusqu’au Secrétaire général en passant par les postes de vice- secrétaire général, de directeurs des trois Bureaux et du Comité du règlement des radiocommunications.

Selon la délégation haïtienne à Dubai, dans ce cycle des grandes manifestations statutaires de l’UIT, le pays pourrait profiter surtout de la manifestation phare « Telecom World 2014 » qui se tiendra à Doha au Qatar du 7 au 10 décembre prochain. Cet évenement permettrait au pays de s’approprier de la prospective et de la veille technico-économique qui y est associée. Mais aussi une Haiti « open for business » profiterait du volet « Exposition » de cette manifestation pour avoir un kiosque « Pays » et assurer le marketing de ses potentialités aux niveaux commercial, touristique, et d’investissement dans un pays et une région réputés fortement sensibles aux opportunités.

Entre-temps, jusqu’au 10 avril, les discussions autour du développement des TIC se poursuivent entre les décideurs gouvernementaux dans le World Trade Center de Dubaï. A l’heure des médias sociaux, des applications mobiles et de l’Internet, planifier le développement des TIC ne revient-il pas aussi à traiter de l’avenir même de notre monde ?
L’Union Internationale des Télécommunications est l’organe spécialisé des des Nations unies pour les Télécommunications et les Technologies de l’Information et de la Communications (TIC). La participation d’Haïti s’inscrit logiquement dans le cadre des droits et obligations qui lui incombent en tant que membre de plein droit du système des Nations Unies. La Conférence Mondiale de Développement des Télécommunications (CMDT) est, depuis la première en Argentine en 1994, une manifestation statutaire du système (depuis 1996) qui se tient sur une base quadri-annuelle (chaque quatre ans). Elle est appelée à définir le plan de travail du secteur de développement de l’UIT pour les quatre prochaines années.
Carl-Henri Cadet Dubai

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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