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Energie : les alternatives peuvent-elles changer la donne ?

jeudi 20 février 2014 par Bill

Le gouvernement subventionne l’achat du pétrole à plus de six millions de gourdes pendant les deux dernières années. Le pays s’endette. La dette cumulée à long terme dans le cadre du programme PetroCaribe avoisine plus de 1,2 milliard de dollars américains. Les dépenses consacrées à l’énergie pèsent lourd dans la balance commerciale. Les alternatives peuvent-elles changer la donne ?

La nécessité de recourir à l’énergie alternative paraît aujourd’hui pour Haïti un passage obligé. Pour plus d’un elle est la seule option en vue de mettre fin à la crise énergétique que connaît le pays. Mais, le coût de production d’un des différents types d’énergies renouvelables est encore élevé. A l’émission Magazine économique de télé Métropole, animée par Kesner Pharel, les plantes à usages multiples ont été à l’honneur dimanche dernier. Deux invités : Gaël Pressoir, chercheur et directeur au Chibas ((Centre de recherche sur la bioénergie et l’agriculture durable) et Réginald Noël, président de Biocarburant Haïti S.A ont soutenu, au cours de cette émission, l’idée que le sorgho sucrier et le jatropha curcas (gwo medsiyen) pourraient contribuer à réduire de 20% les importations de pétrole.

« Le jatropha comestible pourrait contribuer non seulement à la production de biocarburant, mais aussi à l’alimentation des animaux d’élevage. Il est capable de contribuer à la fois à la sécurité énergétique et à la sécurité alimentaire », a affirmé Gaël Pressoir, partageant ses expériences des plantes à usages multiples. Les deux invités voient le développement de ces filières avec optimisme. « Il existe en Haïti environ 700 000 carreaux de terres arides. On pourrait effectuer la mise en valeur de ces terres avec les plantes bioénergétiques. L’huile extraite de ces plantes pourrait se transformer en biodiesel. Cela permettrait de répondre à nos besoins en diesel, lequel représente 70% des importations de pétrole dans le pays. Plus de la moitié du diesel va à la production de l’électricité », a indiqué Gaël Pressoir.Tout au cours de l’émission, les invités n’ont pas manqué de mettre en relief les avantages du sorgho sucrier et du jatropha comestible.

« Le choix des biocarburants est un choix stratégique pour Haïti. Ce choix pourrait conduire le pays vers la voie de l’autosuffisance énergétique et aussi contribuer au démarrage de la croissance de l’économie haïtienne à travers la revitalisation de son agriculture », soutiennent à plusieurs reprises les invités. Au cours de cette émission, les deux invités ne font que proposer des alternatives aux décideurs. Ils lancent une invitation à ces derniers pour qu’ils puissent se pencher sur ces opportunités. A présent, au niveau de Chibas, si les recherches n’ont pas cessé, la production du biodiesel se fait à petite échelle et n’a pas suffisamment de poids pour changer la donne.
Jeanty Gérard Junior
jeantygerardjr@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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