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Doing Business 2013 : Haïti régresse d’une place

mercredi 31 octobre 2012 par Bill

174e sur 185 pays, Haïti régresse d’une place dans le dernier rapport Doing Business de la Société financière internationale, publié le 23 octobre en cours.


Pour promouvoir les investissements privés, au moins deux combats méritent d’être menés. Le ministre du Commerce, Wilson Laleau, le répète souvent : « Il y a d’un côté l’image du pays à améliorer. Mais, il y a aussi une réalité à changer, le cadre des affaires à rendre plus fonctionnel ». Et c’est bien ce dernier aspect que le rapport Doing Business 2013 a analysé pour classer Haïti parmi les économies les plus réfractaires à l’investissement.

Cette année encore, le pays continue de creuser les profondeurs du fameux classement Doing Business de la SFI. Tout en conservant sa place de bon dernier dans la Caraïbe, l’économie haïtienne perd une place dans le classement mondial, en passant de la 173e à la 174e position sur 185 pays considérés.

Pourtant, les défis posés par le Doing Business paraissaient être plus que jamais une préoccupation pour les décideurs politiques. Dans l’énoncé de sa politique générale, Laurent Lamothe fait de cette notation internationale l’une de ces principales boussoles dans sa quête de nouveaux investissements étrangers. Sa vision : placer le pays au top 50 des pays les mieux classés dans l’index Doing Business.

Mais, de juin 2011 à juin 2012, aucune réforme n’a été effectuée par l’Etat en vue d’améliorer le cadre des affaires, selon le rapport de 2013. Alors que plusieurs pays en développement ont amélioré significativement leur climat d’investissement au cours des dix dernières années, Haïti est encore à la traîne parmi les pays à faible revenu sur cette politique.

Par contre, pour la période à l’étude, l’administration ne s’est pas privé de moyens pour essayer de changer la perception des potentiels investisseurs sur le pays. A grand renfort de discours, de colloques et de voyages diplomatiques, le gouvernement Martelly entend vendre une image plus attrayante d’Haïti aux investisseurs.

C’est bien dans cette perspective que s’est tenue en octobre 2011 la conférence internationale « Invest in Haiti » qui a rassemblé à Port-au-Prince des centaines d’investisseurs étrangers. Ensuite, sous l’insigne de la diplomatie d’affaires, se sont succédé plusieurs visites de prospection d’hommes d’affaires ainsi que des campagnes diplomatiques pour vendre le slogan « Haiti is open for business ».

Mais le rapport Doing Business ne tient pas compte de ces démarches. Il évalue plutôt le cadre réel des affaires, « les réglementations d’une économie qui ont un impact sur les entreprises au cours de leur cycle de vie ». 10 aspects dans l’environnement des affaires sont alors passés au peigne fin : la création d’entreprise, l’octroi du permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriété, l’obtention de prêts, la protection des investisseurs, le paiement des impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats et la fermeture d’une entreprise.

Reconstruction oblige, les investissements directs étrangers en direction du pays ont, certes, augmenté d’environ 20% en 2011, passant à 181 millions de dollars américains, d’après la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). En revanche, personne ne sait combien d’hommes d’affaires ont dû se rétracter devant les faiblesses du climat des affaires actuel mises en lumière par Doing Business.

Carl-Henry CADET

aloccarlo@hotmail.com

Le rapport, Doing Business 2013 : Des réglementations intelligentes pour les petites et moyennes entreprises, marque la 10e édition de la série Doing Business.

Doing Business analyse les réglementations d’une économie qui ont un impact sur les entreprises au cours de leur cycle de vie, ce qui inclut leur création et leur gestion, le commerce transfrontalier, le paiement des taxes et impôts et la protection des investisseurs. Tous les aspects de l’environnement réglementaire importants pour les entreprises et les investisseurs ne sont pas pris en compte. Par exemple, la sécurité, la stabilité macroéconomique, la corruption, le niveau de formation ou la robustesse des systèmes financiers.

(Source : Doing Business)


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