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CFI : faciliter l’investissement dans le Centre

jeudi 26 avril 2012 par Bill

A l’initiative du Centre de facilitation des investissements (CFI), un panel multi-sectoriel, constitué des représentants de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haiti (CCIH), la Banque centrale (BRH), la Banque inter-américaine de développement (BID) et du Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT) se sont joints aux potentiels investisseurs locaux, aux parlementaires, aux maires et à la société civile, pour dialoguer sur les possibilités d’investissement dans le département du Centre. La rencontre a eu lieu, pour cette première fois, à Hinche, ce jeudi. Elle doit se poursuivre, au fur et à mesure dans d’autres départements. C’est une nouvelle orientation actuellement en vogue dans le pays, selon les initiateurs.

Haïti : Des projets d’investissement dans le domaine de la construction, du tourisme et dans les différentes filières produites par la région ont été discutés, durant ce "Dialogue national sur l’investissement" . Les responsables se sont montré très optimistes par rapport aux choses qui peuvent se réaliser bientôt dans le secteur des affaires, suite à cette rencontre. Le directeur général du CFI Karl Jean-Louis a plaidé pour que soit nommé dans chaque région, un officier d’investissement qui servira d’intermédiaire entre les potentiels investisseurs locaux et les facilitateurs. Dans cette optique, le Centre de facilitation des investissements (CFI) travaillera désormais de concert avec la Chambre de commerce et d’industrie d’Haiti (CCIH), qui demeure son partenaire le plus important. Un protocole d’accord justifiant cette entente a même été signé, selon le directeur de la CCIH, Hervé Denis.

Hervé Denis dit avoir découvert les potentialités de Hinche, lors de sa participation à un projet de Rotary. "Il faut accaparer les institutions pour les renforcer", a-t-il recommandé. La construction des principales routes reliant les communes de ce département est au centre des préoccupations de M. Denis, qui s’inquiète des moyens pour écouler les produits. Le délégué départemental du centre, Georges Garnier, a, quant à lui, félicité les travaux déjà réalisés dans la région. "Maintenant nous avons besoin de rassembler des acteurs, pour nous mettre ensemble avec une vision de développement durable" a-t-dit.

Pour le gouverneur adjoint de la BRH, Georges Henry, c’est le fait que le publique ne soit pas bien imbu des activités de la Banque centrale qui constitue sa principale source de préoccupation. Content que la BRH ait été invitée à ce dialogue, il en a profité pour faire lumière sur la question. " Dès qu’on parle d’investissement, on parle aussi de financement", a souligné le représentant de la Banque centrale. Il a expliquée que la BRH ne traite pas avec des particuliers, mais avec l’Etat, les banques commerciales et, aussi, indirectement avec les entreprises. La mission de la BRH est, selon lui, de garantir la stabilité des prix, de régler le marché monétaire, de s’assurer de la stabilité de l’inflation, des taux de change et des taux d’intérêt. "Car une instabilité des prix peut dérouter l’investisseur dans ses prévisions", a-t-il ajouté. La BRH s’assure aussi de l’augmentation du crédit. M. Henry a fait remarquer qu’une augmentation de 25% de crédit a été réalisée l’année dernière et que les taux d’intérêt sont de plus en plus bas (en dessous de 10%).

Le gouverneur adjoint de la BRH a révélé qu’un "Fonds de garantie partielle a été mis en place l’année dernière. Ce fonds permettra de partager les risques (naturels et financiers) liés à l’investissement, ce qui, selon lui, facilitera l’accès au crédit. Il a parlé également du "Fonds de developpement social", financé par l’Espagne et destiné aux PME de tous les départements du pays.

La BID, par la voix de son représentant, Marc Bruculat, a fait une présentation des "barrières" auxquelles fait face le secteur de l’investissement, et qui, aussi, réduit l’accès au crédit. Ce sont, entre autres, le bas niveau de capitalisation, le manque d’aptitude et de capacité de gestion des hommes d’affaires locaux, l’inexistance de support et les risques comprises dans la manière de faire du business en Haiti. Un fond social d’investissement et la formation de service professionnel, constituerait, selon lui, un excellent outil.

Il a aussi cité quelques facteurs favorables aux investissements : terrains, espaces, prêts à long terme, assemblage des micro-producteurs, mise en contact avec les importateurs etc. "La productivité peut augmenter le niveau de crédit", a-t-il conclu.

Le Comité interministériel d’aménagement du territoire encourage fortement à investir dans la boucle Centre-Artibonite qui constitue, selon le représentant du CIAT, Erick Balthazar, une portion de territoire à bas risque naturel. "Un investissement dans une zone à risque est un investissement à risque", a-t-il souligné, ajoutant que l’investissement doit se faire autrement. La question de la route a aussi été abordée par le CIAT, qui est en train de travailler sur l’établissement d’un plan d’aménagement pour cette région comme pour bien d’autres, lequel sera disponible en novembre prochain. Cette étude permettra d’identifier les secteurs porteurs et les endroits les mieux appropriés. La création de condition et de capacité d’accueil pour le tourisme international et local est envisagée, et l’importance de l’accès des produits au marché, soulignée . Cependant, d’après le responsable, c’est l’Etat même qui doit investir au niveau des infrastructures.

La société civile a eu son mot à dire par le biais de Rosny Desroches de l’Initiative de la société civile (ISC). Cette institution s’est montré particulièrement intéressée au département du Centre. Elle y travaille depuis 2 ans, a révélé le responsable, qui ne ratent jamais l’occasion de parler du potentiel d’irrigation de cette région et du fait que beaucoup de transformation de produits y soient possibles. Il vantent, par le même occasion, les sites touristiques et les mines (argile, miel etc) qui s’y trouvent. "L’artisanat est également un autre filière à encourager", croit-il.

"La société civile est l’un des secteurs clés dans cette démarche vers le développment, ce sont ses membres qui doivent commencer par faire des plaidoyers pour leurs zones". Rosny Desroches n’oublie pas que l’implication des parlementaires qui doivent favoriser un véritable décentralisation des finances publiques, des maires qui ont une lourde responsabilité dans l’éducation, la santé et l’aménagement communal, est indispensable. Il encourage la mise en oeuvre des plans de développement communal établis, et surtout la relance fiscale, pour plus de moyens. L’électricité, un moteur de croissance n’a pas été négligée.

C’est un débat interminable qui s’est ouvert à la suite des principaux points abordés par les initiateurs. Des questions d’intérêt général et particulier ont été posées, des propositions ont été faites et prises en compte. Tous les participants à cette dialogue, notamment les maires ont eu l’occasion de s’exprimer librement, étalant leurs besoins et faisant passer leurs revendications.

John Smith Sanon

jsmithsanon@lenouvelliste.com

Voir en ligne : www.lenouvelliste.com

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