Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Au secours de la Haitel

mardi 10 avril 2012 par Bill

Haïti : S’achemine t-on vers la fermeture de la compagnie de téléphonie mobile Haitel ? C’est la question à laquelle beaucoup d’observateurs et de nombreux clients de cette compagnie qui ont vu leur appareil téléphonique se transformer en un véritable meuble encombrant.

« Depuis quelques semaines, cela donnait des ratés mais vers la fin du mois de mars, ça ne passe pas du tout », explique Féguens Labonté, un abonné de la Haitel. Le plus dur dans cette histoire, c’est que cela s’est produit au moment où je venais d’acheter 500 gourdes de carte de recharge pour mon appareil, poursuit l’intéressé, qui s’inquiète des rumeurs concernant une probable fermeture de la compagnie, qui fait face à de sérieux problèmes financiers et techniques.

Au moment où tout le monde parle du développement surprenant du secteur des télécommunications en Haïti, l’une des pionnières de la téléphonie mobile connaît toutes les peines du monde à offrir un minimum de service à ses abonnés et à tenir ses engagements vis-à-vis de l’Etat et des institutions partenaires.

En dépit des inquiétudes soulevées par les rumeurs chez les clients de la compagnie, les responsables de l’institution hésitent à se prononcer sur la question et utilisent la langue de bois. Pour plus de lumière sur la situation actuelle de la Haitel, Le Nouvelliste a fait appel au directeur général du Conatel, M. Jean-Marie Guillaume, qui a confirmé que contrairement aux rumeurs ladite compagnie n’est pas fermée.
Selon Jean Marie Guillaume, la Haitel a de graves problèmes financiers. Car à cause de sa mauvaise gestion, elle a accumulé des dettes colossales envers l’Etat haïtien et d’autres compagnies soeurs. Rien que pour le Conatel, l’opérateur téléphonique créé par des Haïtiens a des dettes estimées à 10 millions de dollars américains.

Elle a également des dettes envers d’autres institutions étatiques comme la Banque centrale, la DGI et la BNC. D’après le directeur du Conatel, le montant total des dettes de la Haitel envers l’Etat haïtien avoisine les 40 millions de dollars. S’ajoutent à cela ses dettes vis-à-vis des institutions privées comme Voilà et Digicel. Depuis 2006 et même avant, la compagnie ne paie pas ses frais de connexion.
Les embarras économiques de la compagnie sont tellement énormes qu’elle n’arrive même pas à rémunérer ses employés dont la plupart n’ont pas eu leur salaire depuis 5 à 6 mois.

Face à cette situation catastrophique, le Conatel envisage de venir au secours de la Haitel en essayant de trouver les ressources adéquates à mettre en oeuvre pour sortir la compagnie de l’abîme. A cet effet, le Conatel a élaboré une proposition qu’il compte soumettre aux autres institutions comme la BRH, la DGI, la BNC, la Digicel, Voilà, qui présente les grandes lignes de l’opération de sauvetage de la seule compagnie haïtienne dans le domaine de la téléphonie mobile.

« Je vais faire tout mon possible, mais à quel prix ? L’avenir dira le reste », indique Jean Marie Guillaume, qui annonce une rencontre dans le courant de cette semaine entre les diverses institutions concernées par cette crise. Suite à cette rencontre une déclaration commune sera faite qui informera de l’avenir de la Haitel.

Cyprien L. Gary

Voir en ligne : www.lenouvelliste.com

Accueil | Plan du site | Contact | Statistiques du site | Visiteurs : 821 / 282592