Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

riser les entreprises haïtiennes de la diaspora

jeudi 5 juillet 2012 par Bill

Beaucoup d’entrepreneurs haïtiens évoluant dans la diaspora haïtienne aux États-Unis d’Amérique n’ont pas un réseau relationnel adéquat. A cet effet, la Chambre de commerce haïtiano-américaine, présidée par l’entrepreneur Jean-Pierre Turgot, s’érige en structure d’appui où chacun pourra trouver un partenariat et surtout encourager et promouvoir les petites et moyennes entreprises haïtiennes en Floride.


A Broward en Floride, la communauté haïtienne a présenté récemment la Chambre de commerce haïtiano-américaine aux États-Unis. Ayant pour slogan « Liberté par la prospérité », la mission première de cette Chambre de commerce, est d’une part, d’apporter un soutien efficace aux entreprises haïtiennes évoluant dans la République étoilée, et d’autre part, de servir de pont ou de relais économique entre les hommes d’affaires haïtiens et américains.

Créée en mai 2011 à Broward County, notamment à l’initiative de Desravines Lunel, Smith Salomon, Sandra Saint-Fleur et Djenane Gourgue, elle entend former et informer les entrepreneurs de la diaspora haïtienne sur la nécessité de leur forte participation au développement économique du pays dans lequel elle vit et de son pays d’origine.

En sa qualité de président de la Chambre de commerce, Jean-Pierre Turgot a fait une présentation sommaire sur les États-Unis en général en matière d’économie, et sur les différentes richesses et potentialités économiques que l’on peut y trouver.

Comptant plus d’une vingtaine d’années d’expérience en tourisme et restauration, principalement en entrepreneuriat, M. Turgot estime qu’il est essentiel de sensibiliser les Haïtiens aux États-Unis, par le moyen d’un dialogue direct, aux opportunités d’investissement et de partenariat. Il a justifié cette démarche de proximité par la volonté d’assurer une meilleure information et une communication soutenue, mais aussi d’orienter les investissements de ces derniers vers des secteurs productifs.

M. Turgot poursuit que la Chambre est un carrefour de réseautage, un promoteur de la bonne gouvernance des entreprises membres, un vecteur de l’excellence et d’intégration par le biais de sa page Web, des courriels (e-mails), des missions commerciales, des forums communautaires et d’autres activités.

A en croire notre interlocuteur, beaucoup de personnes de cette communauté souhaitant faire des affaires n’ont pas un réseau relationnel adéquat. Il soutient que la Chambre est une institution indépendante, non sectaire, dédiée à l’essor économique de la diaspora. Elle accueille aussi bien des entreprises que des individus.

« Déjà, nous disposons d’un réseau de près de 300 entreprises où chacun pourra trouver un partenariat. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir auprès de nos professionnels afin qu’ils ne soient pas continuellement des employés, mais deviennent des entrepreneurs, s’ils veulent réussir leur vie comme souhaité. Nous les encourageons à être des producteurs de services et de biens et non des consommateurs. On exige d’eux qu’ils soient de véritables acteurs et non des spectateurs », confie M. Turgot, qui souligne que dans le cadre d’un partenariat avec l’université Stranger (Broward) les membres de la Chambre recevront des formations sur une base régulière afin qu’ils deviennent des entrepreneurs dynamiques, efficaces et compétents.

Actuel responsable des produits de consommation vendus à l’aéroport international de Fort-Lauderdale, M. Turgot affirme que la Chambre est en train de travailler pour promouvoir les produits venus d’Haïti aux États-Unis. « Pour l’instant, le Prestige, la bière haïtienne, est l’unique produit haïtien que l’on consomme à l’aéroport de Fort-Lauderdale. Nous devons vous dire aussi qu’avec l’Initiative du Bassin des Caraïbes (IBC, en anglais CBI pour « Caribbean Basin Initiative »), près de 3 500 produits haïtiens peuvent être exportés vers les États-Unis à un statut préférentiel. Nous voulons que les produits haïtiens soient de plus en plus présents dans le secteur commercial aux États-Unis », indique M. Turgot, ajoutant que 40 à 50% des employés à l’aéroport sont des Haïtiens.

Pour sa part, la vice-présidente de la Chambre, Djenane Gourgues, estime qu’il est acquis que les Haïtiens et la diaspora doivent participer pleinement à la reconstruction d’Haïti. Elle a fait savoir que la diaspora devra jouer un rôle de chien de garde ou, plus précisément, de conscience pour veiller aux intérêts d’Haïti et de ceux qui y habitent.

« Notre Chambre se veut aussi un moyen pour la diaspora de participer à la reconstruction d’Haïti, mais les autorités haïtiennes doivent à tout prix créer un climat de confiance et assurer la stabilité politique au pays, ce qui est un facteur indispensable au développement économique pour inciter les investisseurs à venir en Haïti afin de contribuer au développement du pays par la création d’emplois et de richesses », dit-elle, ajoutant que la diaspora peut également mettre à profit ses connaissances, son professionnalisme, son expertise et les différents réseaux créés à travers le monde pour contribuer à la prospérité d’Haïti.

Amos Cincir

mcincir@lenouvelliste.com

cincir2005@yahoo.fr


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