Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Viettel courtise le marché dominicain

jeudi 27 septembre 2012 par Bill

Environ une année après le lancement officiel de ses services en Haïti (le 8 septembre 2011), la compagnie vietnamienne Viettel veut s’établir en République dominicaine. A cet effet, la compagnie asiatique a entrepris une campagne de charme auprès des dirigeants dominicains dans un effort pour essayer de convaincre ces derniers d’autoriser l’implantation d’un nouvel opérateur de téléphonie mobile et d’Internet en République voisine.

Pour ce faire, la Viettel a décidé d’y mettre le paquet. 300 millions de dollars, c’est le montant des investissements que la compagnie vietnamienne est prête à consentir de l’autre côté de l’île, si elle arrive à trouver l’aval de l’Etat dominicain.

Parmi les investissements que Viettel entend faire en République dominicaine, il convient de noter l’offre gratuite de l’Internet à toutes les écoles publiques dominicaines, l’implantation d’une zone franche pour les textiles et l’installation d’une entreprise d’assemblage d’autobus, ainsi que d’une fabrique d’ampoules de consommation réduite et la garantie d’un service téléphonique très économique pour les usagers dominicains.

De quoi se demander pourquoi les Vietnamiens sont-ils si prompts à délier les cordons de leur bourse pour vendre leur label en République voisine ? Qu’est-ce qui les motive donc à placer la barre aussi haut pour les voisins, alors que, quand ils ont voulu faire l’acquisition de la Téléco, on n’avait pas ressenti pareil engouement ?

Est-ce les avantages comparatifs qui plaident tant en faveur des Dominicains ou plutôt est-ce parce que les dirigeants haïtiens étaient tellement pressés de se débarrasser de l’opérateur téléphonique public qu’ils avaient décidé de le céder pour une bouchée de pain ?

D’aucuns pensent que les autorités haïtiennes méritent tout le blâme de cette transaction déficitaire pour Haïti. Car, pour plus d’un, les responsables de Viettel étaient animés de bonnes intentions. Ils ont fait beaucoup de promesses au pays en engageant le processus de l’acquisition à 60% des télécommunications d’ Haïti.

Comme aux autorités dominicaines, la compagnie vietnamienne a promis d’offrir l’Internet gratuitement à toutes les écoles publiques d’Haïti. Le jour du lancement de ses activités en Haïti, la Natcom s’etait engagée à être non seulement une entreprise commerciale, mais aussi une entreprise nationale sociale, soucieuse des besoins du pays.

En ce sens, elle avait promis d’aider la population et le gouvernement haïtien, toutes les institutions, le secteur de la santé à avoir des moyens de communication de meilleure qualité. Dans un autre registre, elle avait promis d’installer un réseau de fibre optique dans tout le pays et également d’offrir au gouvernement haïtien 30 salles de vidéoconférence. A ce sujet, la responsabilité revenait au gouvernement haïtien de décider de l’emplacement de ces salles.

Aujourd’hui où en est-on avec ces promesses ? Sont-elles tenues ? L’Etat haïtien a-t-il pris le soin de veiller à ce que ces engagements soient respectés ? Quels sont les plans de la Natcom pour les prochaines années ? Pas trop de réponses à ces interrogations ni de la part de l’Etat Haïtien ni de la part de la compagnie. Au moment où l’on parle d’investir 300 millions de dollars en République dominicaine, certains observateurs disent craindre la matérialisation d’un tel projet qui pourrait, selon eux, provoquer un désintéressement de la Viettel pour le marché haïtien.

Cyprien L. Gary

Le groupe Viettel a été fondé à Hanoi au Vietnam en 2004 et exerce ses activités au Vietnam, au Laos, au Cambodge, au Mozambique et aussi en Haïti sous le nom de Natcom. Sous le nom de Natcom, Viettel est devenu l’actionnaire majoritaire de la Téléco (Société nationale des Télécommunications d’Haïti), l’Etat détenant encore 40% des actions.


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