Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Une nouvelle dynamique pour booster le cacao

jeudi 26 mars 2015 par Bill

Malgré un potentiel énorme en termes d’agroécosystème et de patrimoine génétique, Haïti a le niveau de rendement de cacao à l‘hectare le plus bas de la région. Le rendement à l’hectare est de 250 kilogrammes et la production annuelle ne dépasse pas cinq mille tonnes. Face à ce constat, l’entreprise AYITIKA fait un plaidoyer pour la formation des acteurs impliqués dans cette filière.

A l’initiative de l’entreprise AYITIKA, une dizaine d’Haïtiens ont suivi pendant un mois au Centre d’agronomie tropicale de recherche et d’enseignement au Costa Rica une formation spéciale en production de cacao. Cette formation a été basée principalement sur l’identification, la caractérisation, la sélection variétale, l’installation et la rénovation des parcelles de cacaotier, le greffage, la taille, la gestion de l’ombre, le contrôle des maladies, la fermentation, etc.

Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet de transfert de technologies aux agriculteurs du ministère de l’Agriculture ; elle a été financée par la Banque interaméricaine de développement (BID) et le projet de renforcement de la filière cacao lancée dans la Grand’Anse par Catholic Relief Service (CRS). Les initiateurs de cette formation entendent renforcer leurs liens avec les pays de l’Amérique latine afin de faire venir des experts pour encadrer et former davantage les acteurs impliqués dans la filière cacao.

Pour l’agronome Jean Chesnel Jean, directeur général de l’entreprise AYITIKA, cette formation contribuera au renforcement de la filière cacao en Haïti. « Les bénéficiaires de cette formation sont des représentants de coopérative, de bureaux agricoles communaux, des ONG et des fournisseurs impliqués actuellement dans divers projets de cacao en cours dans le Nord, la Grand’Anse et le Sud », a déclaré l’agronome, soulignant que les bénéficiaires auront à appuyer les producteurs dans le pays . En outre, M. Jean souhaite qu’il y ait plus d’échanges entre les acteurs impliqués dans la filière cacao en Haïti et les pays de l’Amérique latine.

Actuellement, les acteurs de la filière cacao, plus particulièrement les producteurs haïtiens, n’ont pas accès à des documents spécialisés permettant de développer la production de cacao. Ils ne bénéficient non plus d’accompagnement technique et technologique pour pouvoir augmenter leur production. Et la recherche scientifique pouvant permettre d’avoir des variétés résistantes de qualité n’existe pas dans le pays.

Haïti ne développe pas encore son potentiel. Sa production annuelle du cacao est de 5 000 tonnes, pourtant la République dominicaine avec laquelle elle partage l’île produit 70 000 tonnes chaque année. Soucieux de ce problème, les acteurs impliqués dans la production du cacao veulent créer une nouvelle dynamique afin de mieux coordonner leurs interventions sur le terrain. Ils souhaitent aussi qu’il y ait un engagement technique du ministère de l’Agriculture, de l’Etat et des bailleurs de fonds sur le long terme pour renforcer la culture de cacao. Enfin, les producteurs espèrent avoir accès à des produits financiers adaptés aux cycles de production du système cacaoyer pour développer cette culture.

Auteur : Jeanty Gérard Junior

jeantygerardjr@lenouvelliste.com


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