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Un premier congrès charismatique réussi pour le CBNDF

mercredi 12 février 2014 par Bill

C’était dans une ambiance mêlée de joie, de prière et de recueillement que plusieurs milliers de fidèles – majoritairement des femmes – venus des quatre coins du pays et de l’étranger ont pris part, du 7 au 9 février, au premier congrès charismatique du Centre biblique Notre-Dame de Fatima (CBNDF) à Bois-Neuf, section communale de Saint-Marc. Le révérend père Jules Campion, principal initiateur de ce congrès, en a profité pour inviter les Haïtiens à la repentance…

Samedi 8 février, 18 h 10. Une femme d’une trentaine d’années tombe de tout son long dans le gravier en gigotant. Elle est vraisemblablement possédée d’un esprit maléfique. Sur le champ, un prêtre s’approche d’elle, pose ses doigts sur son front et prie pour elle, pendant que d’autres personnes la retiennent fermement. Quelques minutes plus tard, la femme reprend tous ses esprits, mais visiblement exténuée, le visage tout pâle. On est à la deuxième journée du congrès charismatique du CBNDF à Bois-Neuf, réalisé autour du thème « La prière, la pénitence et la conversion ». Par endroits, on peut voir des chrétiens faire la queue pour recevoir la « bénédiction » d’un ecclésiastique. Certains tombent à l’instant même que les doigts du curé touchent leur front. Mais il n’y a pas que cela.

Sous une vaste tonnelle, des dizaines de chrétiens se mettent tranquillement à la file indienne pour consigner leurs prières dans un gros cahier déposé à leur disposition aux pieds d’une image représentant N.D de Fatima. De plus, le site du CBNDF c’est quelque sept carreaux de terre avec des oratoires éparpillés çà et là. Munis notamment de chapelet, de photos de proches parents et même de passeports, les pèlerins figés devant les statues des « saints » font leur prière.

Certains prient en toute discrétion tandis que d’autres, s’adressent aux « saints » comme s’ils papotaient entre potes. A chaque saint une prière. « Men sen Pyè wi cheri, dit vaguement une pèlerine dans la cinquantaine – les bras tendus tenant deux photos dans la main droite – à une statue ayant une grosse clé, représentant saint Pierre. O baz, m manke pa salye w wi. Men kle a nan men w, wa ouvè pòt la ! » « Jezi men mwen wi, dit une autre, la soixantaine, devant la statue d’une femme tenant un enfant dans ses bras. Map tann repons ou wi nan Pòtoprens. » « Je viens à tes pieds aujourd’hui, c’est pour ces deux choses. J’attends ta réponse », s’adresse ainsi une jeune femme proche de la trentaine à St Raphaël.

Le visage rayonnant de joie, Marie Alice Benjamin Denis, une des participantes au congrès, trouve ceci très bien réussi. « Lorsque nous nous mettons ensemble pour vivre selon notre foi chrétienne, beaucoup de choses peuvent changer dans le pays », affirme la femme qui est venue de Pétion-Ville pour participer au congrès.

Père Jules Campion invite les Haïtiens à la repentance…

Dans la journée de samedi, Mgr Launé Saturné a articulé son message, tiré de l’évangile de St-Luc, particulièrement autour d’une réponse donnée par Jésus aux Galiléens et aux Judéens : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez … ». Selon le révérend père Jules Campion, directeur et fondateur du CBNDF, ce message est toujours d’actualité.

Traversé par de grosses failles actives, notre pays est menacé par des séismes majeurs. Cela est scientifiquement prouvé. Et le révérend père Campion le sait. Il croit pourtant dur comme fer que Dieu peut nous épargner de toute éventuelle catastrophe naturelle « si nous nous convertissons ». « Si les Haïtiens ne se convertissent pas, s’ils ne laissent pas l’idolâtrie, il y aura un deuxième 12 janvier », a-t-il prédit, alors qu’il s’adressait aux milliers de fidèles qui participaient au congrès. A ce moment-là, beaucoup de personnes perdront la vie et seulement une toute petite minorité survivra. »

De l’avis du prêtre, « Dieu veut choisir Haïti comme il a choisi autrefois Israël pour le faire devenir la lumière des nations ». « Mais, Il est un Dieu propre, a-t-il renchéri, pour construire Haïti comme il le veut, il faut qu’il y ait un nettoyage. Ou nous acceptons de faire ce nettoyage par la prière et la conversion, ce que Dieu voudrait, ou Il le fera lui-même… en moins de 35 secondes », a souligné le fondateur du centre, tout en invitant les Haïtiens à la conversion et à participer aux activités spirituelles quotidiennes de son centre.

Il n’y a pas de doute que cette activité a un impact économique considérable pour les habitants de Bois-Neuf. A l’entrée de la section communale, une station de taxi-moto est vite mise en place. Des marchandes de plats chauds et de fritures s’y installent. La route, encore en terre battue, est réaménagée. Durant toute la journée de samedi et même à la tombée de la nuit, des chauffeurs de taxi-moto couraient dans tous les sens avec un ou deux passagers.

Cette petite localité de quelques familles peut espérer gros. Puisque les initiateurs du congrès comptent faire du CBNDF un centre national de prière fonctionnant quotidiennement, à l’image de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal – à Montréal/Canada. Jules Campion invite déjà les gens à contribuer à la réalisation du projet. Entre-temps, il annonce le deuxième congrès du centre prévu du 6 au 8 février 2015.

Bertrand Mercéus
mbertrand@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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