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Produits alimentaires : flambée des prix sur les marchés locaux

samedi 12 avril 2014 par Bill

Les prix des produits alimentaires sur les marchés locaux n’ont cessé d’augmenter au cours de ces derniers mois. Dans son bulletin du mois de mars, la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) indique une augmentation du panier de la ménagère. Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation des prix des produits locaux : le riz, le maïs et les haricots. Cette situation, selon la CNSA, a entraîné une détérioration de 1% en moyenne de l’accès des 10% des plus pauvres.

« Le coût réel du panier alimentaire a augmenté de près de 1% en décembre par rapport au mois de novembre 2013, passant de 427 à près de 429 gourdes en moyenne. Cette tendance s’est amplifiée en janvier et février 2014 atteignant une hausse de près de 2% par rapport à décembre, soit respectivement 434 et 436 gourdes en moyenne », indique la CNSA dans son bulletin #6 intitulé : panier alimentaire et conditions actuelles de sécurité alimentaire. Cette flambée des prix concerne surtout les produits locaux. Quant aux produits importés, leurs prix ont très peu fluctué malgré la dépréciation de la gourde sur le marché de change. « En raison de la hausse des prix des produits locaux, le panier de la ménagère a augmenté, entre décembre et février, de 0.71% contre un baisse de 1.8 % en moyenne durant la période septembre-novembre 2013 », avance la CNSA.

Les marchés régionaux n’échappent pas à ce phénomène à l’exception des marchés du Cap-Haitien, de Jérémie et de Hinche. La hausse s’accentue beaucoup plus sur les marchés de Jacmel (plus de 8%), de Ouanaminthe et des Cayes (4,2%). La CNSA a précisé que le coût du panier alimentaire est plus élevé sur les marchés du Cap-Haitien, de Jacmel et de Ouanaminthe. Sur ces marchés, le coût du panier dépasse largement en temps réel la somme de 520 gourdes. La situation peut perdurer selon la CNSA. « En somme, un retournement de tendance n’est pas pour demain, compte tenu du fait que la saison de printemps approche et que les agriculteurs doivent consacrer leurs ressources au lancement de cette campagne. La période de soudure va se prolonger jusqu’aux prochaines récoltes prévues pour les mois de juin et de juillet ».

Pour expliquer cette augmentation du coût des produits alimentaires locaux, la CNSA avance comme hypothèse la sécheresse qui frappe certaines régions du pays. « La hausse des prix des produits locaux résulte peut-être de la sécheresse prolongée qui s’est installée dès le mois d’octobre dans certaines zones agroécologiques du pays. Cette situation a provoqué la perte du sorgho, des haricots et du maïs. » Une explication a été fournie également sur la stabilité des prix des produits alimentaires importés. « Il est à noter que la stabilité des prix des produits alimentaires importés reflète la tendance qui prévaut sur le marché international pour cette même période. » Cependant, une tendance à la baisse ne sera pas observée pour ces produits d’après la CNSA. « En raison de la hausse du billet vert, il n’y a pas lieu de s’attendre à une baisse du prix des produits alimentaires importés dans les prochains mois. »

Pour mieux appréhender cette tendance de la sécurité alimentaire dans le temps et dans l’espace, la Coordination nationale (CNSA) utilise un nouvel instrument d’analyse qu’elle désigne sous l’appellation « Le panier alimentaire ». Cet instrument permet à la CNSA d’avoir une idée de l’accès aux aliments. Composé de six produits : riz, farine de blé, maïs, haricots, sucre et huile végétale, le panier alimentaire s’analyse à partir des informations relatives aux prix, aux revenus et à la diète alimentaire fournies respectivement par la CNSA, le ministère de l’Agriculture, la FAO et la Banque mondiale.
Jeanty Gérard Junior

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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