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Loi fiscale 2013-2014 - « Un budget anti-production nationale », selon Camille Charlmers

mercredi 28 août 2013 par Bill

Contrairement à ce qu’avait soutenu le secrétaire d’Etat à la Réforme fiscale, Ronald Décembre, qui avait présenté le budget de l’exercice fiscal 2013-2014 comme étant essentiellement protectionniste, Camille Charlmers pense que, à cet égard, ce projet de loi est foncièrement contre-productif.

Il a critiqué certaines taxations, dont celle portant sur l’abattage des chèvres et des boeufs. Cette mesure aura comme conséquence d’affaiblir davantage ce secteur, soutient M. Charlmers, qui présente ces animaux comme étant l’épargne des paysans qui n’ont pas toujours de grands moyens.

L’augmentation de certains tarifs douaniers vise à corriger des anomalies constatées depuis plusieurs années, avaient soutenu le ministre de l’Economie et des Finances Wilson Laleau et le secrétaire d’Etat à la Réforme fiscale. « On ne peut pas faire partiellement une révision de la politique néolibérale, néfaste pour l’économie haïtienne. Cela doit être global », martèle Camille Charlmers avant de comparer le début de réarmement tarifaire à une stratégie juste pour augmenter les recettes de l’Etat. Il critique l’absence d’une politique parallèle pour aider au renforcement des capacités des producteurs haïtiens.

A l’étude au Sénat de la République après avoir reçu le vote favorable des députés, le budget pour l’exercice fiscal 2013-2014 ne convainc pas Camille Charlmers. Chiffré à 126. 4 milliards de gourdes, il n’aurait rien de différent par rapport aux budgets des exercices précédents qui, en général, ne sont préparés que par le ministère de l’Economie et des Finances. Ce n’est pas normal, a lâché Camille Charlmers, qui croit que la préparation de ce document reflétant la vision économique du gouvernement ne devrait pas exclure les collectivités territoriales.

Invité à Panel Magik mardi, l’économiste déplore le fait que les priorités déclarées du gouvernement, fondées sur les 5 E, ne soient pas reflétées dans le budget de l’exercice fiscal. C’est dommage que l’environnement, l’un des 5 E de Michel Martelly, soit traité en parent pauvre avec moins d’un pourcent du budget, fait-il remarquer. La détérioration du cadre physique du pays, notre vulnérabilité grandissante par rapport aux risques d’inondation, la crise écologique qui nous guette de plus en plus constituent autant de facteurs qui devraient motiver les autorités à mettre beaucoup plus d’argent dans ce secteur pour tenter de renverser la tendance.

Camille Charlmers souligne que la situation n’est pas trop différente pour le secteur de l’agriculture approprié par les autorités dans leur discours. Ce secteur a vu son enveloppe budgétaire passer de 7% à 5.5%, explique l’altermondialiste, qui voit dans le choix du gouvernement une attitude incohérente. Très acide, il compare la manière des autorités de diriger le pays à un mode de pilotage à vue. Cela ne peut aboutir à des résultats positifs ni générer aucune croissance, dit-il.

Rappelant que près de 300 000 personnes vivent encore sous les tentes, le secrétaire exécutif de la PAPDA a également attiré l’attention sur le secteur du logement qui n’est pas mieux loti dans le budget. Aucune disposition particulière n’y est adoptée pour ce secteur dont la situation s’est aggravée avec le tremblement de terre du 12 janvier 2010, raconte celui qui avait déjà proposé la création d’un ministère du logement. Mais, entre-temps, il s’attendait à ce que plus de moyens soient alloués l’Entreprise publique de promotion des logements sociaux (EPPLS) et qu’elles soient renforcées.

Danio Darius


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