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La région doit bien s’approprier des projets

jeudi 26 mars 2015 par Bill

La clôture de l’atelier de travail de deux jours qui se déroulait au campus de l’université Henri Christophe de Limonade sous l’instigation de la BID et du CIAT a eu lieu le mercredi 25 mars 2015.

Pendant deux jours plus d’une vingtaine d’intervenants de haut niveau ont présenté le plan d’aménagement du Nord-Nord-Est, couloir Cap-Ouanaminthe, les grands projets en cours dans la zone et la situation de la gouvernance de cette région.

Pour cette seconde journée, le thème central qui a servi de boussole aux débats et aux différentes interventions a été : les impacts cumulés des grands projets sur la région. Ainsi, une restitution de l’étude sur les impacts cumulatifs du Parc industriel de Caracol (PIC) a pu être présentée à l’assistance par Sabine Van Eckhout de la firme Golder Associated Limited.

Avant cela, Bernard Schettini, directeur général du PIC et de la SONAPI, a effectué une mise en contexte desdits impacts cumulatifs du PIC sur la région et ses environs. Selon lui, un PIC compétitif contribuera grandement dans la bataille de la déconcentration de Port-au-Prince.

Faisant référence à quelques accomplissements du parc depuis sa création, le DG a souligné à l’encre forte la haute capacité de création d’emplois du PIC. « De 2012 à 2014, le nombre d’emplois au PIC n’a cessé de croître passant de 1 200 à 5 329. La gent féminine représentant environ 66% de la force de travail », a déclaré Bernard Schettini.

D’ici l’an prochain, avec la construction de nouveaux bâtiments et l’arrivée d’autres usines, Schettini espère que le Parc industriel de Caracol doublera le nombre des emplois disponibles.

Kesner Pharel, pour sa part, a plutôt mis l’accent sur le timing « parfait » dans lequel s’est déroulé cet atelier. Pour l’économiste, le moment n’aurait pas pu être mieux choisi. « En période électorale, il est de bon ton que les acteurs locaux puissent s’approprier de tout ça », a avancé Pharel, P.D.G. de Group Croissance, qui soutient aussi que « les projets doivent être locaux et le budget local avant d’être national. »

Même son de cloche du côté de l’agronome Eric Auguste, directeur départemental du ministère de l’Agriculture pour le Nord-Est, qui admet volontiers que ces réflexions permettent avant toute chose que tout le monde puisse donner son opinion sur le processus de développement de la région.

Pour lui, parler aménagement du territoire, c’est aussi parler du problème de la proximité du Nord-Est avec Dajabon. Un voisinage qui rime, selon lui, avec corruption, contrebande et fuite de devises. Puisque la contrebande influe de manière négative sur la production, l’État doit, selon lui, se livrer au « duel économique » qu’il décline ainsi : plus d’investissements dans l’agriculture et lutte contre la contrebande.

« Il nous faut avoir une production à même de lutter contre l’importation de produits comestibles et non une production seulement tournée vers l’exportation », se défend l’agronome tout en mettant en garde contre les potentiels grands projets de la région qui n’ont pas vocation à approvisionner le marché local en produits alimentaires.

Kesner Pharel reconnaît en l’initiative de la BID de présenter le PIC, en ce qu’il renferme de bon et de moins bon, un pas dans la bonne direction dans le dialogue intercommunautaire. « Tous les projets sont ainsi, avec leurs bons côtés et leurs mauvais côtés », lâche-t-il après avoir animé dans le courant de l’après-midi de mercredi une table ronde sur les impacts des grands projets dans le corridor Nord.

Michèle Oriol, secrétaire exécutive du CIAT, n’a pas cessé, durant ces deux jours à Limonade, à clamer haut et fort que le plan d’aménagement vient en amont de tout plan de développement. Elle a aussi plaidé pour l’instauration d’une autorité de l’aménagement pour veiller au respect du plan accouché en 2012.

Elle a aussi prévenu contre la tentation de confondre plan d’aménagement et plan de risques et de gestion de risques. « Nous ne faisons pas ce genre de plan, c’est le travail du ministère de l’Intérieur », a-t-elle précisé en réponse aux diverses interventions des élus locaux dans la salle qui ne cessait de se méprendre sur les attributions du CIAT.

« Le CIAT essaie de connecter les ministères pour les empêcher d’empiéter l’un sur l’autre », a-t-elle déclaré.

S’il y a eu des invités de marque à avoir fait le déplacement à Limonade durant ces deux jours, le Premier ministre Evans Paul en premier, certains absents de marque ont aussi brillé comme le MTPTC et le MPCE.

Les étudiants du campus, amphitryons de cet atelier, de leur côté, en sont sortis experts en phénomène du remplissage d’espace. Car, au terme de l’atelier, ils ont tous prétexté n’avoir pas suivi l’intégralité des interventions pour ne pas avoir à livrer à la presse leur lecture de l’événement.

Ils sont timides les étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti qui étudient sur le campus Henri Christophe de Limonade.

Auteur : Patrick SAINT-PRE

sppatrick@lenouvelliste.com


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