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La construction du grand viaduc de Delmas réactivée

mardi 4 février 2014 par Bill

Au point mort depuis quelques semaines, les travaux de construction du viaduc au niveau de l’intersection formée par la route de Delmas, le boulevard Toussaint Louverture et l’avenue Martin Luther King ont repris depuis samedi. Après les places publiques, ce sont des immeubles qui sont en train d’être rasés ou coupés en deux. Par ailleurs, pour le directeur des Travaux publics, Alfred Piard, les travaux n’ont jamais été interrompus…

Au carrefour de l’aéroport et de ses environs, ne cherchez plus certains repères, vous ne les trouverez pas. Des magasins, des écoles, des dépôts, des églises, entre autres, n’existent plus. Ou du moins ont changé d’adresse. Les locaux de l’ONA ont été les premiers à subir la loi des excavatrices qui rasaient, rasent et raseront encore d’autres constructions. Une partie du tribunal de paix de Delmas a été aussi rasée.

En milieu de journée ce lundi, ils sont des centaines d’hommes, munis de masses, à démolir des édifices de Delmas 17 jusqu’à Delmas 9. La chasse aux ferrailles a débuté depuis samedi matin. Beaucoup d’entre eux ont été embauchés par des propriétaires qui préfèrent démolir, eux-mêmes, leurs immeubles, pour éviter d’autres dommages que pourraient causer les excavatrices. Ces propriétaires sont ceux qui n’ont pas à démolir totalement leurs édifices, mais à dégager la zone concernée par le projet.

Marie habite Delmas 11 depuis plusieurs années. Elle va continuer à vivre dans sa résidence dont le parking et une chambre ont été rasés lundi. Dans un nuage de poussière provoquée par les démolitions, elle observe quatre jeunes qui tentent de tirer quelques barres de fer du bâtiment. « La vie est ici depuis samedi », lâche l’un des gars.

Certains d’entre eux achètent des bouts de fers à des prix dérisoires, d’autres démolissent et obtiennent des ferrailles en retour. « J’ai besoin d’argent, je ne peux pas donner en cadeau les ferrailles indique Marie, souriante, assise dans une pièce poussiéreuse. Je les ai vendues, mais à un prix vraiment dérisoires afin que les acheteurs puissent tirer un profit à leur tour. »

La jeune femme, qui partage sa maison avec cinq locataires, n’est pas encore dédommagée, mais elle n’est pas inquiète pour autant. « Mon dossier est en cours, je devais d’abord payer mes dettes, notamment à l’ED’H, explique-t-elle. Des propriétaires ont certes déjà reçu leur chèque, mais nous, on n’est pas inquiets. »

En face, la façade principale d’une église construite il y a un peu plus d’un an est aussi démolie. On rase, mais bizarrement il n’y a pas de grogne. Même pour cette femme qui empile tous ses effets (matelas, ustensiles de cuisine, chaises…) dans un coin. Elle les recouvre d’une bâche. « Nous avons été avertis depuis environ une année, dit-elle. Et on n’a pas cessé de nous rappeler le délai. Nous n’avons pas à nous plaindre. Je peux dire sincèrement que l’Etat a été très patient avec nous. »

Selon l’ingénieur Alfred Piard, directeur des Travaux publics, le processus d’expropriation a évidemment ralenti certains travaux. Aujourd’hui, le technicien se montre très satisfait de la collaboration des propriétaires. « Il n’y a aucun problème, tout a bien marché », affirme l’ingénieur Piard joint au téléphone.

Contrairement aux rumeurs faisant croire que les travaux ont été interrompus depuis quelques semaines, Alfred Piard, déclare que cela n’a jamais été le cas. « Il y a eu des difficultés, nous avons dû nous concerter pour résoudre certains problèmes, précise l’ingénieur lundi soir au Nouvelliste. Nous avions toujours eu des réunions de travail tous les mercredis. »

Les travaux sont visibles aujourd’hui. Des unités spécialisées sont sur place depuis le début des travaux. La nouvelle artère sera construite entre Delmas 9 et 17, et survolera le carrefour. Ce ne sera pas une longue traversée comme dans beaucoup d’autres pays, mais un pont de 550 mètres. « Il s’agit de l’aménagement de deux intersections comparativement aux longues traversées dans les autres pays, avait expliqué le technicien l’année dernière. A Delmas, ce ne sera qu’un passage dénivelé qui permettra de séparer les flux de véhicules au niveau du carrefour de Delmas et de la route de l’aéroport et de rendre plus facile la gestion de cette intersection. »

18 millions de dollars tirés du fonds PetroCaribe ont été décaissés pour la réalisation de ces travaux qui, selon le directeur des Travaux publics, devraient s’achever d’ci décembre de l’année en cours.
Valéry Daudier

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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