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La Saint-Valentin, aujourd’hui, en Haïti

lundi 17 février 2014 par Bill

Contrairement à certaines traditions qui sont en voie de disparition en Haïti, la Saint-Valentin a été fêtée en grande pompe à Port-au-Prince. Les grandes places étaient toutes bondées de jeunes. Rien qu’en approchant les gens, on comprend que cette dernière ne revêt pas la même signification dans les différentes couches sociales du pays. C’est l’occasion pour certains de célébrer l’amour, de partager des fleurs et du chocolat. D’autres en profitent pour gagner un peu d’argent.

L’aspect commercial de la Saint-Valentin, depuis plusieurs années, devient de plus en plus visible. Beaucoup d’activités économiques sont entreprises en vue de marquer ce jour. A travers des cadeaux, l’amour est célébré à tous les niveaux. Dans plusieurs rues de la capitale, des marchands de chocolat pullulent. Par le biais de ces petits commerçants, personne ne peut oublier une telle date. Du chocolat pour toutes les bourses. Comme à la veille de Noël, une ambiance de fête gagnait les rues. Les restaurants les plus en vue ont organisé des activités en cette occasion spéciale.

Pas de grande publicité. A Carrefour, au centre-ville de Port-au-Prince, à Pétion-Ville, propriétaires et gérants de restaurants et boutiques cherchent un moyen d’attirer l’attention des amoureux. Au seuil de ces maisons, des petites notes invitent les gens à venir se régaler. Chocolat en folie, fêtons l’amour, l’autre façon de dire je t’aime, sont, entre autres, quelques messages calligraphiés sur certaines portes d’entrée.

Malgré la précarité de la situation économique du pays, les initiateurs n’ont pas été, pour autant déçus. Des centaines de jeunes ont défilé dans ces espaces. « C’est une occasion pour partager un moment privilégié avec sa moitié et manifester de façon tangible ses sentiments vis-à-vis de l’être cher », a fait savoir un jeune homme accompagné de sa fiancée.

« Si certaines traditions tendent à disparaître, la Saint- Valentin se fête de plus en plus en Haïti », a fait remarquer un boutiquier. Depuis 2011, dit-il, le volume de vente entourant cette fête augmente considérablement. C’est pour lui l’époque des vaches grasses. Cette année, encore plus, car les prix de tous les produits destinés aux amoureux, dans sa boutique, ont été revus à la baisse. Des files d’attente ont été alors observées.

La situation n’était pas différente dans les supermarchés. L’on voulait faire des surprises à l’être aimé. En plus du chocolat, certains amoureux en profitent pour offrir des présents à la personne choisie. Ainsi, c’est l’époque de la vente, par excellence, de fleurs de toutes sortes, de bijoux, de parfums et des cartes de vœux.

Plusieurs dizaines de marchandes ont exposé leur chocolat à travers les rues de la capitale. A la rue Capois, au Champ de Mars, presque tous les trottoirs étaient obstrués. C’était une activité économique intense. Des jeunes venus de partout ont fait un petit arrêt pour marchander. Certains d’entre eux sont repartis avec les mains remplies. « Pas la peine de perdre du temps dans les supermarchés », a martelé un jeune. A la question d’un journaliste, il a expliqué que beaucoup trop de gens fréquentent ces espaces durant ces deux jours.

Cette fête suscite pas mal de débats dans les espaces publics. A la Faculté des sciences, les avis sont partagés en ce qui a trait à la portée d’une telle célébration. Pour la grande majorité des étudiants, il s’agit simplement d’une fête commerciale. Car, expliquent-ils, en cette date, beaucoup se creusent la tête, s’ímposent parfois des sacrifices afin d’offrir un cadeau à la personne aimée. Cependant, ils n’ont pas caché qu’ils ne détestent pas l’ambiance qui accompagne cet évènement.

Jose Flecher
jflecher@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Le Nouvelliste

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