Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

« L’économie haïtienne en mode ralentissement et non catastrophique »

mercredi 3 août 2016 par Bill

Contrairement à ceux qui parlent de situation catastrophique pour l’économie nationale, l’économiste Pierre Marie Boisson, intervenant sur les ondes de Radio Vision 2000, lundi dernier, voit plutôt une économie en mode ralentissement

« Ce ralentissement est marqué, entre autres, par l’absence de l’aide externe en raison de la crise politique et la baisse du fonds PetroCaribe à cause de la plongée des prix du pétrole sur le marché international. Ensuite, suivant l’accord signé avec le Venezuela, plus le prix du pétrole est à la hausse, plus le pourcentage du crédit augmente. Mais c’est l’inverse qui s’est produit, autant dire, le pourcentage crédit diminue. Dans ce cas, le montant dont dispose l’État pour faire des investissements publics, à travers le pays, diminue », a expliqué Pierre Marie Boisson, président directeur général de Sogesol.

Selon l’économiste, le fonds PetroCaribe, qui permet de financer un nombre important de projets, réduit d’environ 80%. « Le fonds Petro Caribe qui était autour de 24 milliards de gourdes se réduit autour de 5 à 6 milliards de gourdes et suit en plus une tendance à la baisse », a indiqué Pierre Marie Boisson, précisant que le programme PetroCaribe est menacé d’extension avec la crise qui sévit au Venezuela. Autre aspect souligné par l’économiste pour expliquer ce ralentissement de l’économie haïtienne, c’est le déficit fiscal. « L’État haïtien est incapable de couvrir ses dépenses à partir de ses recettes fiscales », a soutenu le P.D.G. de Sogesol.

Le déficit fiscal, du point de vue de l’économiste, alimente la création monétaire, crée l’inflation et la déstabilisation du taux de change. « L’économie nationale est en mode ralentissement et en mode inflationniste », a insisté M. Boisson qui refuse de parler de situation catastrophique en analysant l’économie du pays. « Dans toutes les situations mauvaises, il y a une opportunité », a martelé le conseiller économique de la Sogebank, Pierre Marie Boisson. Il a estimé que l’opportunité viendra dans les bonnes décisions et les bonnes politiques appliquées qui permettront de créer des investissements privés stables et qui soient en mesure de créer une base de production et d’emplois. Les investissements privés sont, aux yeux de l’économiste, le facteur clé pour déboucher sur des croissances durables dans le pays.

Gérard Junior Jeanty, jeantygerardjr@lenouvelliste.com

Voir en ligne : Lenouvelliste.com

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