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Inquiétudes autour de la grève des enseignants des écoles publiques

vendredi 6 février 2015 par Bill

La crise du secteur de l’éducation en Haïti s’aggrave de jour en jour, puisque la quasi-totalité des enseignants des écoles nationales et des lycées sont en grève depuis le 13 janvier 2015. Ils ont majoritairement répondu à l’appel de la Plateforme syndicale des enseignants composée de CONEH, REEH, UNNOEH, GIEL, RENOH, FENATEC, RENATEPH et LINEH...

La crise du secteur de l’éducation en Haïti s’aggrave de jour en jour, puisque la quasi-totalité des enseignants des écoles nationales et des lycées sont en grève depuis le 13 janvier 2015. Ils ont majoritairement répondu à l’appel de la Plateforme syndicale des enseignants composée de CONEH, REEH, UNNOEH, GIEL, RENOH, FENATEC, RENATEPH et LINEH réclamant de l’État haïtien entre autres fonds de garantie, assurances, crédit Pam, Kay Pam, grille salariale, paiement de tous les arrières de salaire, lettres de nomination pour les enseignants en chaire. Les enseignants refusent d’aller travailler tant que l’État ne donne une réponse positive à leurs revendications.

La grève commence par créer beaucoup d’inquiétudes chez les élèves qui devront subir les épreuves du troisième contrôle au plus tôt le 10 mars prochain, alors qu’ils n’ont encore rien vu depuis la rentrée ou le début du deuxième trimestre. Cette angoisse est encore plus grande chez les parents qui reconnaissent le droit à la grève des enseignants, quitte à déplorer qu’ils font toujours grève pour exiger d’améliorer leur situation mais jamais la qualité de l’enseignement.

Dans certains lycées, les chefs d’établissement n’ont pas suffisamment d’autorité pour retenir les élèves dans l’enceinte de leur école respective. Ces derniers prennent souvent les rues pour s’élever contre l’absence des professeurs depuis environ un mois. À Port-de-Paix et à Saint- Marc, des élèves, tous des lycéens, ont subi la semaine écoulée des tirs de gaz lacrymogène de la police alors qu’ils manifestaient pour solliciter la présence des professeurs dans leurs salles de classe.

Le gouvernement n’a pas pu jusqu’à présent géré la crise et les dernières déclarations des autorités du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle ont davantage attisé l’agacement, a déclaré le président d’une organisation syndicale faisant partie de la plateforme. Alors que la société souhaite ardemment qu’une entente soit trouvée entre le MENFP et les syndicats pour éviter de détruire davantage le secteur de l’éducation, car l’éducation est un droit humain.

Il est grand temps que l’État haïtien remette le système éducatif sur les rails. Depuis plus de trente ans , pas une année scolaire sans troubles causés par les conflits entre l’État et les syndicats d’enseignants ou les luttes fratricides pour le pouvoir. Et si rien n’est fait pour maîtriser cette situation, Haïti aura dans les jours à venir une génération de jeunes analphabètes et a problèmes.

Il y a une semaine, le MENFP a affirmé avoir rencontré les syndicats dans le but de résoudre les problèmes dans le secteur, mais il n’a pas pu malheureusement attirer positivement la plateforme syndicale qui avait lancé cette grève illimitée. Bien avant, il avait menacé de ne pas payer le mois de février aux enseignants qui n’ont pas repris le travail au début du mois en cours.

Les membres de la société haïtienne en général, les parents en particulier, apprécient que le gouvernement reste sensible à la situation critique des enseignants et continue à faire tout ce qui est possible pour satisfaire à leurs préoccupations et que les syndicats prennent de leur part conscience que cette grève illimitée commence par handicaper les droits des enfants à l’éducation.

De nombreux lycéens étaient dans les rues ce lundi 2 février pour exiger le retour des professeurs dans les classes. Ils étaient passés dans diverses institutions privées pour les libérer comme cela se fait dans plusieurs villes du pays. De nombreux observateurs craignent que cette situation ne débouche sur un affrontement infortuné entre les lycéens et les collégiens, voire sur un conflit ouvert entre deux plateformes syndicales.

Il est donc souhaitable qu’une sortie de crise soit trouvée rapidement pour résoudre ce problème de la grève illimitée des enseignants pour dissiper les craintes pesant sur l’année scolaire qui risque d’être compromise dans les écoles publiques.

Pierre Josué Agénor CADET
Email : pijac02@yahoo.fr


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