Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

Haïti : cadre macroéconomique sous contrôle

dimanche 20 janvier 2013 par Bill

Pour un citoyen ordinaire, un cadre macroéconomique stable ne veut rien dire si sa situation économique personnelle n’est pas substantiellement améliorée. Pourtant, le gouvernement s’enorgueillit d’avoir contrôlé toute forme de dérapage macroéconomique dans l’économie.

L’exercice 2011-2012 a enregistré un taux de croissance de 2,8%, nettement plus faible que le taux de 8,5 % espéré. Les perspectives étaient trop ambitieuses par rapport aux résultats enregistrés à la fin de l’exercice. Les parlementaires auraient longuement commenté ce thème à la récente rentrée parlementaire.

La loi de finances 2012-2013, déposée dans les délais légaux au Parlement, prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 7,8 % soutenue principalement par trois piliers : un programme d’investissements publics, des exportations dynamiques en raison de la poursuite des effets de l’ouverture du marché américain et un certain dynamisme de l’investissement privé dans la perspective de la reconstruction engagée. Tel que présenté par le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe, ce cadre offre des détails dans le bilan de 2012 et les perspectives du gouvernement haïtien pour 2013.

Même si l’inflation affichait une tendance à la hausse durant l’exercice 2011-2012, elle a pourtant été relativement modérée. La hausse de l’indice général des prix est de 6,5 % contre 10,4 % durant l’exercice 2010-2011. Une baisse due en partie au gel par le gouvernement des prix des produits pétroliers sur le marché local, une baisse des prix des produits alimentaires sur le marché mondial…

Aucun dérapage n’a été constaté dans les finances durant l’exercice qui vient de s’achever en dépit d’une faible hausse des recettes publiques. Les recettes fiscales et douanières se chiffrent à 42, 2 milliards de gourdes contre 45,6 milliards de gourdes prévues dans la loi de finances. Une augmentation à mettre à l’actif de la Direction générale des impôts (DGI) qui a spécifiquement aidé à augmenter l’Impôt sur le revenu (ISR).

Le programme de recouvrement forcé à travers la publication de deux listes de contribuables en reste avec le fisc ; le programme de dépistage des immeubles logeant les appartements et les centres commerciaux dans le cadre de l’élargissement de l’assiette fiscale ; le lancement officiel de la campagne de sensibilisation des contribuables en vue du paiement volontaire de leurs redevances fiscales, sont entre autres, des mesures prises par la DGI.

Par ailleurs, le gouvernement Lamothe se réjouit d’avoir mené une politique monétaire cohérente avec l’objectif de soutenir la croissance tout en stimulant le crédit au secteur privé. « Une attention particulière est accordée au phénomène de dollarisation suivant une approche de dépréciation graduelle, quoique lente, de la gourde », souligne le document que le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe a remis le 14 janvier 2013 aux parlementaires haïtiens.

En ce qui a trait à la fiscalité, les chiffres prévus étaient de 17 milliards de gourdes ; la DGI a collecté à la fin de l’exercice 2011-2012 18 milliards 20 millions de gourdes, soit 1 milliard 20 millions de plus que les prévisions. En effet, ces résultats et ceux du premier trimestre de l’exercice en cours ont affiché une tendance à la hausse en dépit d’un ralentissement constaté dans l’économie. Certains diront que les fêtes de fin d’année ont pesé lourd dans la balance.

Dieudonné Joachim


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