Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies
Salon des entrepreneurs

Agritrans : l’exemple d’une mégaentreprise en gestation dans le Nord-Est

vendredi 31 janvier 2014 par Bill

En plus du défilement en grande pompe de plusieurs centaines de jeunes, tous portés par l’idéal de l’entrepreneuriat et des entrepreneurs confirmés à l’Université Quisqueya (Uniq), de très prometteuses entreprises ont été sous les feux de la rampe dimanche dans le cadre de la deuxième édition du Salon des entrepreneurs. Du nombre, Agritrans. Celle-ci est localisée sur une superficie de plus de 95O hectares dans la commune de Trou-du-Nord. Elle prétend produire environ 50 000 tonnes de bananes par année et a déjà coûté plus de 10 millions de dollars américains à ses investisseurs. Un démarrage dû en grande partie aux soutiens du chef de l’Etat et de l’actuel ministre de l’Economie et des Finances qui ont donné leur bénédiction au projet en 2011. Genèse d’un rêve haïtien désormais palpable.

« C’est un honneur pour moi de venir faire connaître au plus jeunes mes expériences dans l’entrepreneuriat », a déclaré Jovenel Moïse, principal promoteur du projet Agritrans, quelques minutes après sa présentation. Agritrans est un projet qui a croupi dans les tiroirs pendant plus de 10 ans faute de financement, souligne le natif de Trou-du-Nord, serein.

Les porteurs de rêves, les entrepreneurs sur papier sont toujours confrontés au sempiternel problème de financement dans notre pays. Jovenel Moïse n’a pas été en reste. « J’avais frappé à presque toutes les portes pour que ce projet devienne réalité, explique-t-il. Parfois, certaines gens me traitaient de fou en me disant : ‘’Qui es-tu pour réaliser un projet aussi ambitieux’’. Malgré tout, poursuit-il, je n’ai jamais baissé les bras. » Jovenel Moïse est de ceux-là qui refusent à capituler devant l’obstacle. Toujours, il croyait dur comme fer que le déclic allait venir. « Tout allait changer en novembre 2011 lors de ma participation à un colloque auquel j’ai été invité par un ami, narre-t-il, accosté de jeunes assoiffés de motivation. C’est ainsi que le président Martelly et le ministre du Commerce et de l’Industrie Wilson Laleau, qui y prenaient part, allaient être emballés par le réalisme du projet que je leur avais présenté. »

Aussi, d’autres fenêtres d’opportunités allaient-elles s’ouvrir pour l’ancien président de la Chambre de commerce du Nord-Ouest. « Depuis, le président de la République n’avait cessé de m’appeler, révèle-t-il. Et ils allaient, lui et le ministre Laleau, s’emparer du projet. » Aujourd’hui, le terrain de 987 hectares, sur lequel s’installe l’entreprise, a été mis à notre disposition sous forme de ferme par le gouvernement, détaille l’entrepreneur,nonsans éloges pour le chef de l’État.

Localisée à Nourribio, première zone franche agricole d’Haïti, Agritrans œuvre particulièrement dans la production de la figue banane organique, dont 70 % des récoltes seront tournées vers l’exportation. « Fonctionnant sous le haut encadrement du ministère de l’Agriculture, elle emploie plus de 200 personnes actuellement, dit celui qui souhaite qu’Haïti retrouve sa place sur la carte mondiale des pays exportateurs de bananes, soulignant que tous les salariés sont issus d’une fédération de paysans forte de 10 000 membres. Pour être employé par l’Agritrans, il faut nécessairement être membre de cette fédération. » Entre les prêts et les dépenses de plus d’une centaine d’actionnaires, 10 millions de dollars américains auraient été déjà déboursés pour le lancement du projet qui générera 3 000 emplois directs et 15 000 indirects dans les deux prochaines années. « Pour l’instant, en plus du financement d’un fonds de développement haïtien, nous ne sommes que des investisseurs haïtiens à prendre part au projet », précise Jovenel Moïse, qui croit qu’avec quatre zones franches similaires, l’autosuffisance d’Haïti en matière de production de la figue banane sera enfin une réalité.

Cette entreprise, qui est à une phase fœtale, impressionne déjà alors que Jovenel Moïse semble ne jurer que par son expansion. « Nous avons un autre projet en perspective dans le même espace qui sera axé dans la production des légumes », affirme-t-il, soulignant que plus de 250 hectares sont réservés pour la construction des infrastructures idoines dans la zone franche.

Voir en ligne : Le Nouvelliste

Accueil | Plan du site | Contact | Statistiques du site | Visiteurs : 430 / 240767