Haiti Numérique - La revue des Affaires. Economie, Finances et Nouvelles technologies

AIC s’offre un sommet sur les assurances pour ses dix ans

vendredi 11 mai 2012 par Bill

AIC s’offre un sommet sur les assurances pour ses dix ans

Le sommet sur l’assurance s’est ouvert mercredi soir dans les hauteurs de Port-au-Prince en présence des membres du secteur, d’officiels du gouvernement et de représentants de la communauté internationale. La législation et la régulation ont été au centre des interventions.

Haïti : Fêter une décennie d’existence par l’organisation d’un sommet attise la curiosité des uns et des autres. Dans la salle du Karibe et dans les jardins de l’hôtel, mercredi en fin de soirée, chacun se demande pourquoi pas autrement. Pourtant, l’organisateur des assises, Olivier Barrau, P.D.G. de la Alternative Insurance Company (AIC), justifie la décision de la compagnie : « Une fête qui n’engage à rien, qui n’est pas un devoir de responsabilité, qui n’est pas dans le partage ne serait qu’une ivresse. Or, à la AIC, nous souhaitons rester lucides et debout ».

Devant des écrans géants qui surplombent la grande salle, les invités admirent des motifs de fête, on fait défiler affiches et images du premier sommet sur l’assurance,lequel s’est tenu sur le thème « Haïti Assurément : saisir le potentiel de l’industrie des assurances pour le développement durable », du 9 au 11 mai à l’hôtel Karibe. Officiels du gouvernement, représentants du secteur financier et de la communauté internationale étaient tous présents à l’ouverture du sommet au cours duquel bien des sous-thèmes seront débattus durant les deux jours de discussions, soit les 10 et 11 mai.

Conscient du vide créé par l’absence d’une législation dans le secteur des assurances, Olivier Barrau, véritable vedette de cette soirée, croit l’institution qu’il dirige travaille comme si cette instance de réglementation existait déjà. Le patron de la AIC informe que la compagnie dont il est responsable n’hésite pas à envoyer ses cadres en Europe ou ailleurs pour se former sur les normes prudentielles. « L’absence d’une réglementation ne nous a pas empêchés de développer ou d’améliorer nos produits traditionnels », a déclaré Olivier Barrau, qui croit dur comme fer qu’une législation permettra à l’institution d’aller plus loin que le développement de la microassurance et de gagner la confiance d’organismes internationaux.

« Gérer les risques peut paraître une tâche pharaonique. Nous n’avons pas hésité à le faire depuis dix ans. Une décision difficile pour les entreprises, mais qui peut s’avérer la plus appropriée ». Dans ce même ordre d’idées, M. Barrau s’est dit heureux de fêter le dixième anniversaire de la AIC à travers ce sommet. Il précise l’objectif de ces assises : « Susciter un dialogue sur les moyens d’accélérer le renforcement de l’industrie compte tenu du rôle essentiel que devrait jouer l’assurance dans la transformation et le développement durable du pays.

La tenue de ce colloque a retenu l’attention du ministre sortant de l’Economie et des Finances, André Lemercier Georges - représentant de la présidence à l’ouverture des assises sur l’assurance - qui a noté avec beaucoup d’attention que la AIC a choisi de fêter son anniversaire en organisant un colloque sur les différents aspects qui touchent au développement du secteur des assurances en Haïti. « A cet égard, la nécessité d’adopter une législation visant à réguler le secteur est un des thèmes majeurs des discussions. Cette réflexion vient à point nommé puisque l’opacité dudit secteur dénoncée par un des membres prestigieux de la corporation nuit à la bonne marche et à l’extension de ses activités.

L’on se demande à juste titre pourquoi les assurances ne touchent que 0,5% de la population haïtienne alors que le taux est beaucoup plus élevé dans les autres pays de la Caraïbe. La réponse à cette question comporte plusieurs aspects au nombre desquels la crédibilité. « Et c’est justement pour accroître cette crédibilité que le gouvernement, sous le leadership du président de la République, est en train de mettre sur pied une législation visant à codifier les droits et devoirs des acteurs et à assurer la supervision et le contrôle du secteur placé sous la tutelle du ministère de l’Economie et des Finances », a informé le ministre sortant de l’Economie et des Finances.

Le représentant résident de la Banque interaméricaine de développement (BID) en Haïti, Eduardo Marques Almeida, n’y est pas allé par quatre chemins pour rappeler que l’assurance traditionnelle telle qu’on la connaît dans la plupart des pays de pénétration - le Bahamas (9,5%) ou le Brésil 3,5% - a encore beaucoup à faire pour se développer en Haïti (0,5%). La densité de l’assurance n’est que de trois dollars par habitant et par année en Haïti.

Aux yeux du diplomate brésilien, l’assurance permet à l’entreprise de sauvegarder des emplois et de préserver le tissu économique. Elle contribue donc à la cohésion et au bien-être social, selon lui. « Il s’agit là d’un filet de sécurité. Par le fait que l’activité d’assurance consiste à transférer les conséquences de la réalisation d’un risque vers l’assureur, elle engendre le progrès technique et favorise donc l’investissement », a fait remarquer le représentant de la Banque régionale en Haïti, qui justifie le récent partenariat BID-AIC. Ledit partenariat cherche à faciliter l’accès à l’assurance aux Haïtiens à faibles revenus.

Nul doute que la législation et les efforts pour doter le secteur des assurances de sa première instance régulatrice attireront l’attention et constitueront des sujets de vives discussions durant le sommet qui marque le dixième anniversaire de la Alternative Insurance Company.

Dieudonné Joachim

djoachim@lenouvelliste.com

Voir en ligne : www.lenouvelliste.com

Accueil | Plan du site | Contact | Statistiques du site | Visiteurs : 171 / 240767